L'ambassadeur américain Mike Huckabee soutient l'expansion israélienne au Moyen-Orient
Huckabee soutient l'expansion israélienne au Moyen-Orient

Les déclarations controversées de l'ambassadeur américain enflamment la région

Alors que les tensions persistent à Gaza avec des échanges de tirs quotidiens, une nouvelle polémique diplomatique secoue le Moyen-Orient ce dimanche 22 février 2026. L'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a tenu des propos qui ont immédiatement suscité une onde de choc à travers le monde arabe et musulman.

Une interprétation biblique qui divise

Dans un podcast diffusé vendredi avec le commentateur conservateur américain Tucker Carlson, Mike Huckabee a affirmé que selon la tradition biblique, Israël aurait des droits sur des terres s'étendant « entre le Nil et l'Euphrate », englobant ainsi une large partie du Moyen-Orient. L'ancien pasteur baptiste, nommé ambassadeur en 2025 par le président Donald Trump, a déclaré sans ambages : « Je pense que c'est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient », avant d'ajouter : « Ce serait bien s'ils prenaient tout ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte particulièrement sensible où Israël a récemment multiplié les mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Dans cette région, les exactions de l'armée israélienne contre les Palestiniens se sont intensifiées depuis les événements du 7 octobre, créant un climat déjà extrêmement tendu.

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Une condamnation internationale unanime

La réaction internationale n'a pas tardé. Plus de dix pays, dont les États du Golfe, l'Égypte, la Turquie et l'Indonésie, ainsi que des organisations comme la Ligue arabe, ont publié une déclaration commune exprimant « leur ferme condamnation et leur profonde préoccupation ». Ils ont rejeté catégoriquement ce qu'ils qualifient de « déclarations dangereuses et incendiaires », estimant qu'elles constituent « une menace grave pour la sécurité et la stabilité de la région ».

L'Iran s'est joint à ce concert de critiques par la voix de son ministère des Affaires étrangères, accusant Mike Huckabee de révéler par ses propos « la complicité active des États-Unis » dans ce qu'il nomme les « guerres d'agression expansionnistes » menées par Israël contre les Palestiniens.

L'Autorité palestinienne dénonce une contradiction

L'Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, a pour sa part déclaré que les propos de l'ambassadeur américain « contredisaient le rejet par le président américain Donald Trump du projet d'annexion de la Cisjordanie » par Israël. Cette région, territoire palestinien occupé depuis 1967, fait l'objet d'une attention particulière alors qu'Israël renforce son emprise, y compris sur des secteurs théoriquement placés sous le contrôle de l'Autorité palestinienne selon les accords d'Oslo des années 1990.

Une haute responsable de l'ONU a récemment estimé que les mesures prises par Israël équivalaient à une « annexion progressive de facto ». Rappelons qu'Israël a déjà annexé Jérusalem-Est et une partie du plateau syrien du Golan, tandis que plus de 500 000 Israéliens vivent aujourd'hui en Cisjordanie dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international.

L'ambassadeur maintient ses positions

Face à la tempête diplomatique, Mike Huckabee a publié samedi deux messages sur les réseaux sociaux pour préciser sa position sur d'autres sujets abordés lors de l'entretien, notamment la définition du sionisme. Cependant, il n'est pas revenu sur ses propos concernant le contrôle par Israël de territoires du Moyen-Orient, laissant planer le doute sur sa volonté de modérer ses déclarations.

Un contexte de paix fragile

Ces déclarations surviennent paradoxalement alors que le « Conseil de paix » de Donald Trump vient d'être inauguré jeudi à Washington. Cette instance vise à discuter du financement de la reconstruction de Gaza après la guerre dévastatrice qui a ravagé le territoire palestinien suite à l'offensive israélienne lancée en représailles à l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

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La Ligue arabe a déploré sur les réseaux sociaux que « de telles déclarations extrémistes suscitent des sentiments religieux et nationalistes » à un moment où le Conseil de paix offre théoriquement « une occasion pour lancer un processus de paix sérieux ». Une trêve fragile est entrée en vigueur le 10 octobre 2025, mais les violences persistent quotidiennement, rappelant la précarité de la situation.

Lors de la réunion du Conseil de paix, une vidéo générée par intelligence artificielle a projeté une vision optimiste de Gaza dans dix ans : un territoire hérissé de gratte-ciel, décrit comme « autonome », « relié au reste du monde » et « sécurisé, prospère et en paix ». Une image en fort contraste avec les réalités actuelles et les déclarations incendiaires qui continuent d'envenimer les relations régionales.