Le Hezbollah dans une confrontation décisive avec Israël
Le mouvement islamiste pro-iranien, le Hezbollah, s'est réorganisé depuis sa guerre précédente contre Israël il y a quinze mois, mais il demeure dans une situation précaire. Sorti très affaibli de ce conflit, le groupe armé et financé par Téhéran a entraîné le Liban dans la guerre régionale en lançant des missiles contre Israël le 2 mars, en représailles à la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Une escalade militaire sans précédent
Israël a répondu par une campagne massive de frappes aériennes, causant plus de 826 morts, et menace désormais d'une offensive terrestre. Dans un discours prononcé vendredi soir, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, successeur du charismatique Hassan Nasrallah tué en 2024, a évoqué une « bataille existentielle » contre l'État hébreu, affirmant sa préparation à « une longue confrontation ».
Une source anonyme au sein du mouvement confie à l'AFP : « Le parti est entré en guerre avec tout ce qu'il possède. Soit il est annihilé, soit il consacre une nouvelle équation qui implique le retrait complet d'Israël du Liban et l'arrêt de ses agressions. » Cette source révèle que le Hezbollah avait planifié cette entrée en guerre depuis des mois, attendant un changement régional, survenu avec l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Préparation et détermination du Hezbollah
Depuis la fin de la dernière guerre en novembre 2024, le Hezbollah respectait le cessez-le-feu et s'abstenait de répondre aux attaques israéliennes régulières, qui ont fait environ 500 morts, dont de nombreux membres du parti. « Il a absorbé les chocs, pansé ses plaies, comblé ses lacunes et a réorganisé ses rangs », explique la même source. « Il mène aujourd'hui la bataille à laquelle il s'est préparé. »
L'expert militaire Hassan Jouni analyse : « Pour Israël, c'est la dernière bataille avec le Hezbollah », car les conditions sont favorables pour l'anéantir. Selon lui, la relation entre l'État libanais et le Hezbollah est au plus bas, l'administration de Donald Trump souhaite éliminer le groupe, et l'Iran est « très affaibli ».
Divisions et coûts élevés au Liban
Le président libanais Joseph Aoun a accusé cette semaine le Hezbollah de travailler à « l'effondrement du Liban » pour le compte de l'Iran. Le gouvernement a interdit les activités militaires du parti dès le 2 mars, après avoir adopté un plan de désarmement. L'armée avait affirmé en janvier avoir démantelé son infrastructure militaire dans le sud du Liban, près de la frontière israélienne.
Le coût de cette guerre est énorme : une grande partie des plus de 800 000 déplacés proviennent des bastions traditionnels du parti chiite, qui voyaient auparavant le Hezbollah en vainqueur. Malgré cela, le groupe semble déterminé à aller jusqu'au bout, tandis que l'État libanais, dont l'offre de négociations directes avec Israël est restée sans réponse, est dépassé. Israël continue de menacer son voisin s'il n'agit pas davantage pour désarmer le parti.



