Le cinéaste israélien Amos Gitai a lancé un appel urgent contre l'expulsion imminente du village bédouin de Khan al-Ahmar, situé en Cisjordanie occupée. Dans une tribune publiée par Le Point, il dénonce une décision des autorités israéliennes qui menace de déplacer de force les quelque 180 habitants, dont une majorité d'enfants. Gitai qualifie cette action de "crime de guerre" au regard du droit international, rappelant que la Cour pénale internationale a déjà condamné de telles pratiques.
Un village sous la menace constante
Khan al-Ahmar est un village bédouin situé à l'est de Jérusalem, dans la zone C de la Cisjordanie sous contrôle israélien. Depuis des années, ses habitants vivent sous la menace d'une expulsion ordonnée par la Cour suprême israélienne, qui a jugé le village "non autorisé". Les autorités israéliennes justifient cette décision par des motifs de sécurité et de planification urbaine, mais pour Gitai, il s'agit d'une tentative de "judaïsation" de la zone, visant à étendre les colonies israéliennes et à couper la continuité territoriale palestinienne.
L'appel d'Amos Gitai
Dans sa tribune, Amos Gitai, réalisateur de films engagés comme Kippour et La Maison de Jérusalem, interpelle la communauté internationale. Il écrit : "L'expulsion de Khan al-Ahmar est une étape de plus dans la politique de nettoyage ethnique menée par Israël en Cisjordanie." Il souligne que le village est un symbole de la résistance pacifique des Bédouins, qui vivent là depuis des générations. Gitai appelle les gouvernements européens et les Nations unies à intervenir pour empêcher cette expulsion, prévue dans les prochains jours.
Un précédent dangereux
Selon des organisations de défense des droits humains comme Amnesty International et B'Tselem, l'expulsion de Khan al-Ahmar créerait un précédent dangereux. Plus de 7 000 Bédouins vivent dans des villages similaires en Cisjordanie, et leur déplacement forcé pourrait ouvrir la voie à une annexion de facto de vastes territoires. En 2018, la Cour suprême israélienne avait déjà autorisé la destruction du village, mais des recours et des pressions internationales avaient temporairement suspendu la décision. Aujourd'hui, le projet refait surface avec une nouvelle urgence.
Le rôle de la communauté internationale
Amos Gitai insiste sur la responsabilité de l'Union européenne, qui a condamné à plusieurs reprises les expulsions en Cisjordanie. Il rappelle que la France, en particulier, s'est engagée à défendre le droit international. "Il est temps de passer des paroles aux actes", écrit-il. L'expulsion de Khan al-Ahmar intervient dans un contexte de tensions accrues, avec la guerre à Gaza et l'expansion continue des colonies israéliennes. Pour Gitai, la destruction de ce village serait une nouvelle preuve de l'impunité dont jouit Israël face à la communauté internationale.
Un symbole de résistance
Les habitants de Khan al-Ahmar, soutenus par des militants israéliens et palestiniens, ont organisé des sit-in et des manifestations pour défendre leur terre. Le village est devenu un symbole de la lutte contre l'occupation. Amos Gitai conclut sa tribune par un appel à la solidarité : "Ne laissons pas ce village disparaître. La justice et la dignité des Bédouins sont en jeu."



