L'ombre de l'Iran s'éloigne, Gaza revient au premier plan
En quelques semaines seulement, l'actualité internationale s'était focalisée sur les tensions avec l'Iran, reléguant le conflit à Gaza au second plan. Pourtant, un ultimatum lancé par l'ancien président américain Donald Trump pourrait radicalement changer la donne dans l'enclave palestinienne. Alors que les États-Unis naviguent dans des eaux troubles avec Téhéran, l'administration Trump tente simultanément de préserver le fragile cessez-le-feu à Gaza en exigeant la démilitarisation complète du Hamas.
Un ultimatum diplomatique aux conséquences majeures
Selon des sources diplomatiques exclusives interrogées par Le Monde et le New York Times, le Conseil de la paix – cette organisation internationale créée par Donald Trump pour concurrencer l'Organisation des Nations Unies – a formellement exigé le désarmement du groupe considéré comme terroriste d'ici la fin de la semaine. Le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, se voit également sommé de partager les cartes détaillées de son vaste réseau de tunnels souterrains, véritables artères stratégiques de l'enclave.
La proposition audacieuse a été présentée le mois dernier par Nickolay Mladenov, le représentant bulgare du Conseil de la paix à Gaza. En contrepartie de cette démilitarisation, l'armée israélienne devrait se retirer d'au moins une partie du territoire palestinien et lever ses blocages empêchant l'entrée de l'aide humanitaire vitale. Un document interne du Conseil de la paix révèle que les militants du Hamas bénéficieraient d'une amnistie générale, tandis que des logements temporaires mobiles seraient livrés pour faciliter la transition.
Le Hamas résiste farouchement aux pressions
À l'image des négociations complexes avec l'Iran, aucune issue favorable n'est garantie à Gaza. Pour le moment, le Hamas refuse catégoriquement d'accepter les exigences américaines et israéliennes, qualifiant l'approche de "manière grossière". Dans une déclaration télévisée percutante, Abou Obeida, le porte-parole de l'aile militaire du Hamas, a affirmé que "traiter le dossier des armes de cette manière est un effort scandaleux de l'occupation pour continuer à tuer et exterminer au détriment de notre peuple". Pour lui, le désarmement équivaudrait à une capitulation humiliante.
Face à ce rejet frontal, les adversaires du Hamas ont durci leur discours ces derniers jours. Alors que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou menace depuis des mois de désarmer le Hamas par la force si nécessaire, Nickolay Mladenov a opté pour des aphorismes cryptiques sur la plateforme X : "Celui qui ne traversera pas la rivière se noiera dans la mer", a posté le diplomate, laissant planer la menace de graves conséquences en cas de refus persistant.
Un préalable indispensable à la reconstruction
Les négociations sur Gaza se poursuivent au Caire depuis le 31 mars, sous l'égide de pays médiateurs traditionnels comme l'Égypte, le Qatar et la Turquie. Le Hamas n'est cependant pas le seul acteur sous pression. Le groupe armé dénonce vigoureusement le non-respect par Israël du cessez-le-feu signé en octobre, qu'il considère comme un obstacle majeur à tout processus de désarmement.
Selon les autorités gazaouies, l'armée israélienne a tué 715 Palestiniens depuis la signature de l'accord, tandis que le nombre de camions humanitaires autorisés à entrer dans l'enclave reste bien inférieur aux engagements pris. Le Conseil de la paix a confirmé au Hamas qu'il exigerait qu'Israël respecte scrupuleusement ses obligations, exerçant déjà des pressions sur Tel-Aviv pour que l'État hébreu autorise au moins 600 camions ce lundi, selon deux responsables de l'organisation.
Le plan conçu par le Conseil de la paix, structuré en cinq phases sur huit mois, positionne le désarmement du Hamas comme le préalable absolu à toute reconstruction. Lors des dernières réunions au Caire, les négociateurs du Hamas se sont montrés "engagés de manière positive" et "attentifs à la mise en œuvre complète du plan de paix", rapporte Le Monde. Une nuance importante persiste cependant : les positions du mouvement islamiste politique ne coïncident pas nécessairement avec celles de son bras armé, créant une fracture interne potentiellement exploitable.



