Funérailles émouvantes pour un jeune Palestinien tué en Cisjordanie
Des proches et des amis ont prié lors des funérailles de Nasrallah Mohammad Siam, un jeune homme de 19 ans, dans le village de Mikhams, au nord-est de Jérusalem, en Cisjordanie occupée, le 19 février 2026. Il a été tué le lendemain d'une attaque attribuée à des colons israéliens, selon le ministère palestinien de la santé basé à Ramallah, qui a déclaré qu'il était décédé de ses blessures par balle.
Un mouvement radical revendique des dizaines d'attaques
Le mouvement de colons israéliens radicaux, « Jeunes des collines », a revendiqué sur sa chaîne Telegram, mercredi 18 février, plus de soixante attaques en un mois dans trente-trois villages palestiniens en Cisjordanie. Ils ont présenté leurs actions sous forme d'une liste, qualifiée de « bilan de la lutte contre l'ennemi arabe ». Ce bilan inclut :
- Douze maisons brûlées
- Vingt-neuf voitures incendiées
- Quarante Palestiniens blessés
- Des centaines de vitres de voitures brisées
- Des centaines d'oliviers arrachés
Cinq attaques sont spécifiquement mentionnées dans le village de Mikhams, près de Ramallah, où la communauté bédouine voisine a quitté les lieux en février, se disant harcelée.
Réactions politiques et soutiens controversés
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait dénoncé en novembre les violences d'une « poignée d'extrémistes », affirmant qu'ils ne représentaient pas les colons vivant en Cisjordanie occupée. Cependant, des jeunes de cette mouvance sont soupçonnés d'attaques contre des soldats, des policiers et des dirigeants colons jugés trop modérés.
Dans une lettre ouverte, des rabbins influents vivant dans des colonies du nord de la Cisjordanie ont appelé mardi à soutenir les colons dans des avant-postes, tout en dénonçant les violences contre les Palestiniens. Ils ont affirmé : « Il est interdit de recourir à toute forme de violence », encourageant les colons à suivre les directives des autorités.
Contexte d'occupation et expansion des colonies
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Hormis Jérusalem-Est, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies que l'ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu d'environ trois millions de Palestiniens. Le gouvernement israélien actuel, considéré comme l'un des plus à droite de l'histoire du pays, a accéléré l'expansion des colonies, approuvant un nombre record de cinquante-quatre colonies en 2025, selon l'ONG israélienne anti-colonisation La Paix Maintenant.
Un rapport de 2025 de cette ONG indique que des colons s'installent sur des terres agricoles utilisées par les Palestiniens et leur en refusent progressivement l'accès. Pour contraindre les Palestiniens à partir, ils recourent à l'intimidation et à la violence, « avec le soutien du gouvernement et de l'armée israélienne », estime l'organisation.
Cette situation complexe souligne les tensions persistantes dans la région, où les violences continuent d'affecter les communautés palestiniennes et israéliennes, avec des répercussions humanitaires et politiques significatives.



