La flotte fantôme iranienne contourne les sanctions pétrolières en haute mer
Un navire battant pavillon iranien et un autre sous pavillon camerounais ont été surpris en train de procéder à un transbordement illégal dans les eaux de la zone économique exclusive de l'Indonésie. Cette photographie, prise le 7 juillet 2023 et publiée le 11 juillet par l'Agence indonésienne de sécurité maritime, illustre les méthodes sophistiquées employées par Téhéran pour maintenir ses exportations d'hydrocarbures.
Un système vital pour la survie du régime
Sans cette flotte de navires dits « fantômes », le régime iranien ne pourrait pas écouler ses hydrocarbures vers le reste du monde, ni garantir sa survie économique et politique. Malgré les nombreux programmes de sanctions américains qui ciblent le pétrole iranien – le premier remontant à 1979, année de la révolution islamique –, Téhéran parvient systématiquement à les contourner.
Ces pétroliers, souvent enregistrés sous des pavillons de complaisance peu regardants, font disparaître l'origine de leurs cargaisons en multipliant les transbordements en pleine mer. Ils éteignent délibérément leurs transpondeurs pour ne pas apparaître sur les écrans radars et échapper ainsi à toute surveillance maritime internationale.
Des propriétaires insaisissables
Ces navires sont détenus par des propriétaires tout aussi fantômes, dissimulés derrière des sociétés écrans complexes qui rendent leur traçabilité extrêmement difficile. Cette opacité organisationnelle permet à l'Iran de maintenir un flux constant d'exportations malgré les pressions diplomatiques et économiques.
Sanctions américaines renforcées
Au cours des mois qui ont précédé le début de l'offensive américano-israélienne, ces navires ont fait l'objet de multiples sanctions ciblées. Le mercredi 25 février, seulement trois jours avant les premières attaques, les États-Unis ont placé sur leur liste noire douze navires accusés de transporter du pétrole et des produits pétrochimiques iraniens valant des « centaines de millions de dollars ».
Selon le secrétariat au Trésor américain, ce commerce illicite servirait à « financer la répression interne, les groupes terroristes qui lui sont affiliés et ses programmes d'armement ». Ces accusations soulignent l'importance stratégique de ces exportations clandestines pour le régime de Téhéran.
La photographie publiée par l'Agence indonésienne de sécurité maritime constitue une preuve tangible des méthodes employées par l'Iran pour contourner les sanctions internationales. Elle révèle l'ampleur et la sophistication d'un système qui permet à Téhéran de maintenir ses revenus pétroliers malgré les restrictions imposées par la communauté internationale.



