Une opportunité historique pour la libération iranienne
L'élimination d'Ali Khamenei et d'une grande partie de son cercle rapproché ouvre enfin une perspective d'espoir tangible pour le peuple iranien opprimé depuis des décennies. Il est certes aisé de s'indigner depuis les capitales européennes des violations du droit international commises lors de cette opération, et nul ne doute que l'intervention américaine ne procède pas d'abord d'une générosité humanitaire désintéressée.
L'impasse des révoltes internes et la nécessité d'une intervention extérieure
Reste ce fait incontestable et douloureux : seule une intervention extérieure pouvait offrir aux Iraniens une réelle opportunité de se libérer de ce régime inhumain. La preuve en a été administrée de manière tragique il y a quelques semaines à peine. Malgré une nouvelle révolte massive traversant tout le pays, malgré le courage absolument remarquable d'un peuple se soulevant avec l'énergie du désespoir le plus profond, la sauvagerie sans limite de la répression contre des manifestants désarmés ne laissait aucune chance à cette soif ardente de liberté.
En apprenant la fin de Khamenei, comment ne pas immédiatement penser à toutes les victimes de sa tyrannie. À Mahsa Amini et à toutes les Iraniennes tombées pour avoir simplement crié « femme, vie, liberté ». Aux plus de trente mille victimes de la répression ces dernières semaines, à ceux que le régime traquait méthodiquement, torturait sans pitié et exécutait sommairement il y a encore quelques jours. À tous les Iraniens anonymes assassinés depuis la révolution islamique de 1979.
Les conséquences régionales d'un régime déstabilisateur
Mais aussi aux Libanais otages du Hezbollah dans une guerre intestine sans fin, aux Yéménites piégés par les milices Houthis, aux Israéliens et aux Palestiniens broyés par le projet de mort du Hamas. Et, bien sûr, aux Français tombés dans les attentats commis par les miliciens du régime, des soldats déployés à Beyrouth aux victimes civiles à Paris. Comment ne pas avoir une pensée pour eux aujourd'hui, et pour tous ceux qui figuraient sur la liste des prochaines cibles.
L'Europe réduite au rôle de commentatrice impuissante
Cette évocation suffit à mesurer le vide sidéral des communiqués désolés émanant des capitales européennes, évoquant une « action unilatérale », une « escalade dangereuse », un « mépris pour l'ONU ». Réduits à une compétition stérile de commentateurs, nos dirigeants semblent abdiquer leur responsabilité politique fondamentale en n'appelant qu'au « respect du droit international » comme une incantation magique.
Bien entendu, il est essentiel de défendre le principe d'un monde ordonné par des règles communes. Cependant, les affaires internationales n'ont jamais été décidées par la seule application mécanique du droit. Et, dans le cas présent, il apparaît particulièrement absurde d'invoquer ce droit face à un régime qui n'a cessé de le violer systématiquement et avec mépris.
Un régime criminel au mépris total du droit international
Pratiquant la subversion à grande échelle, finançant des milices criminelles dans toute la région, contrôlant une part substantielle du trafic de drogue mondial, menant des opérations terroristes avec pour objectif explicite la destruction d'Israël et l'effondrement des sociétés occidentales, le régime iranien a amplement démontré son mépris absolu pour toute norme juridique. Ses soutiens russes et chinois peinent à être crédibles lorsqu'ils invoquent le respect de l'ordre international, et il est consternant d'observer nos dirigeants leur faire écho depuis deux jours.
Les priorités stratégiques pour la France et l'Europe
Face à cette situation historique, comment réagir de manière appropriée ? Deux priorités stratégiques s'imposent avec une urgence absolue. Premièrement, il faut agir concrètement plutôt que de se contenter de déplorer la situation ; tout mettre en œuvre pour contribuer à la chute définitive de ce régime. Quelle que soit l'occasion qui se présente, elle est nécessairement bonne si elle permet de libérer le peuple iranien de son joug.
Une libération aux implications mondiales
Bien au-delà des frontières de l'Iran, cette libération équivaudrait à une nouvelle chute du mur de Berlin, marquant la fin d'une menace fondamentale pour la liberté et la sécurité de nombreux pays, dont le nôtre. Si la France peut y contribuer, elle doit assumer cette responsabilité sans la moindre hésitation. Au lieu d'appeler mécaniquement à « reprendre le travail diplomatique » en demandant aux dirigeants iraniens de « négocier de bonne foi », le président de la République devrait œuvrer sans relâche pour retirer toute échappatoire aux mollahs et à leurs soutiens.
La France pourrait notamment intervenir auprès des pays arabes touchés par les frappes iraniennes ces dernières heures, pour apporter une assistance concrète et obtenir en retour que le régime iranien soit totalement isolé sur la scène internationale. Cela implique que notre diplomatie sorte enfin de l'ambiguïté dangereuse qui l'a caractérisée : la France a malheureusement multiplié les reniements, par un mélange toxique de fascination et de naïveté, refusant par exemple jusqu'aux dernières semaines de classer les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste.
Retrouver les moyens de la puissance et de l'influence
Cela impliquera également que notre pays assume pleinement de retrouver les moyens de sa puissance, car aucun de nos principes ne s'imposera de lui-même si nous nous retirons la force nécessaire pour les défendre. Voilà le cap qui devrait nous guider en matière de souveraineté, notamment sur le sujet crucial de la dissuasion nucléaire, qui doit être abordé avec une clarté et une détermination renouvelées.
Le combat existentiel contre le totalitarisme islamique
La même naïveté persistante reste extrêmement dangereuse pour le combat vital qu'il nous faut mener désormais : le régime iranien n'est que la tête de pont d'une idéologie qui, malheureusement, lui survivra et continuera de menacer nos sociétés. Le totalitarisme islamique possède ses relais actifs en France, ses organisateurs dévoués, ses mercenaires prêts à tout – et ses appuis politiques subtils mais réels.
Les complicités idéologiques et le danger pour nos démocraties
Depuis 1979, la gauche française a trop souvent fait preuve d'une complaisance inquiétante envers les mollahs. En 2025, c'est en retour qu'Ali Khamenei félicitait publiquement Rima Hassan pour sa « flottille » vers Gaza. On comprend dès lors pourquoi aucun député LFI ne s'est embarqué au secours des Iraniennes qui mouraient pour avoir simplement refusé le hijab. On comprend surtout, par cet exemple, l'ampleur réelle du danger qui menace nos pays.
Le totalitarisme islamique ne constitue pas une simple tragédie régionale : il s'agit d'un projet global et expansionniste. Il tente déjà d'imposer sur notre sol son inversion perverse des valeurs, sa définition étroite du blasphème, sa police des mœurs rigoriste, son antisémitisme forcené. Il n'existe aucune raison qu'il ne parvienne pas à détruire notre démocratie et notre identité si nous n'acceptons pas de mener la guerre existentielle qu'il nous a déclarée. Là encore, nos règles de droit ne suffiront pas, surtout si elles finissent par nous désarmer face à cette menace. Quand la politique renonce à affronter le danger directement, aucun droit ne peut survivre durablement. Espérons que le courage extraordinaire du peuple iranien nous éclairera dans l'effort long, difficile mais nécessaire qui nous attend désormais.



