Fermeture des passages frontaliers à Gaza : espoirs brisés et crise humanitaire aggravée
Fermeture des passages à Gaza : espoirs brisés et crise aggravée

Fermeture totale des passages frontaliers : un coup dur pour les Gazaouis

Israël a annoncé la fermeture de tous les passages frontaliers vers la bande de Gaza, y compris le point de passage crucial de Rafah. Cette décision, justifiée par des impératifs de sécurité suite au début des frappes contre l'Iran, a eu des conséquences immédiates et dramatiques pour la population palestinienne. Les projets de départ des habitants se sont envolés, les prix des denrées ont recommencé à grimper en flèche et certaines marchandises essentielles se sont raréfiées, plongeant le territoire dans une crise encore plus profonde.

Les espoirs anéantis de Fadi Emad et d'autres résidents

Fadi Emad, un jeune homme de 19 ans originaire de la ville de Gaza, espérait partir étudier à l'étranger lorsque la nouvelle de la fermeture du passage de Rafah est tombée. « J'étais très heureux lorsque Rafah a rouvert, car je voulais voyager pour poursuivre mes études à l'étranger. Je pensais que mon rêve et le début de la construction de mon avenir étaient enfin à portée de main », confie-t-il. La fermeture soudaine l'a dévasté psychologiquement, et il exprime la peur constante d'un éventuel retour de la guerre qui plane sur la vie quotidienne.

Retour à la case départ pour les familles déplacées

Dans le sud de Gaza, près de Khan Younès, Ali Al-Chanti, déplacé à Al-Mawasi avec sa famille, partage ce sentiment de fatigue collective. « Nous avons pensé que les choses pourraient s'améliorer progressivement. Mais ensuite, la guerre avec l'Iran a éclaté et a tout détruit, ramenant la situation à la case départ », déplore-t-il. La fermeture des points de passage a eu des répercussions immédiates sur la vie quotidienne, avec une hausse des prix et une pénurie de certaines marchandises.

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Une question de vie ou de mort pour les malades

Pour les malades et les blessés, la réouverture temporaire de Rafah représentait une lueur d'espoir pour accéder à des soins médicaux à l'étranger. Mohammed Chamiya, un Palestinien de 33 ans souffrant d'une maladie rénale nécessitant une dialyse, explique : « Je vivais dans l'angoisse, attendant l'ouverture de Rafah pour pouvoir me rendre en Égypte afin d'y être soigné. Chaque jour qui passe m'enlève un peu de ma vie, et ma maladie s'aggrave ». Il souligne que l'ouverture du passage est devenue une question de vie ou de mort pour de nombreux patients.

Les espoirs de retrouvailles familiales réduits à néant

La brève réouverture avait aussi ravivé l'espoir de retrouvailles pour des familles séparées par la guerre. Tahani Abou Charbi, une Palestinienne déplacée de 34 ans, témoigne : « Mes enfants et moi étions très heureux car nous pouvions rejoindre mon mari à l'extérieur de Gaza ». Mais cet espoir s'est vite évanoui, laissant place à un sentiment d'abandon. « Nous avons eu l'impression que notre rêve s'était éloigné », souffle-t-elle, exprimant son seul espoir de voir le passage rouvrir bientôt pour une réunion familiale.

Aide humanitaire insuffisante malgré la réouverture partielle

Israël a rouvert le passage de Kerem Shalom pour permettre « l'entrée progressive de l'aide humanitaire ». Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), 500 000 litres de carburant ainsi que de l'aide humanitaire ont pu entrer à Gaza via Israël et l'Égypte. Cependant, pour de nombreux habitants, cette aide reste largement insuffisante face à l'ampleur des besoins. La bande de Gaza, déjà soumise à un blocus israélien bien avant l'attaque du Hamas en octobre 2023, continue de vivre dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles, malgré le cessez-le-feu d'octobre 2025.

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