Dubaï sous tension : entre réalité terrain et réactions médiatiques
Alors que les réseaux sociaux et les chaînes d'information en continu bruissent d'images spectaculaires de missiles et d'explosions à Dubaï, les expatriés français installés de longue date dans la métropole des Émirats arabes unis offrent un témoignage bien plus nuancé. Ce week-end, les ripostes iraniennes ont effectivement ciblé plusieurs pays du Golfe, dont Dubaï, en réponse aux attaques israéliennes et américaines sur le sol iranien. Pour Guillaume Monges, chef d'entreprise dans l'immobilier et résident depuis octobre 2018, la réalité vécue sur place contraste fortement avec le « buzz » médiatique.
Une première expérience troublante mais maîtrisée
« Depuis que j'y vis, c'est la première fois que ça dérape. C'est un peu inhabituel. Là, actuellement, le côté sécurité de Dubaï a pris un coup, le moral est affecté », reconnaît ce père de famille de 37 ans. Cependant, il apporte immédiatement une précision cruciale : « L'Iran attaque Dubaï mais ne fait pas la guerre à Dubaï. À mon sens, l'Iran est plus à la recherche d'une couverture médiatique. Ils mettent la pression à travers Dubaï parce qu'il y a beaucoup de nationalités et le monde nous regarde. »
Guillaume raconte un épisode marquant vécu personnellement : « On allait manger au restaurant dans le périmètre des attaques. Quand on est sorti de la voiture, on a juste entendu une explosion. Ça a fait un très gros bruit et une onde de choc. Ensuite, les suivants, on les a vus dans le ciel. On est quand même allés manger et quand on a vu que ça continuait on est finalement rentrés chez nous. On ne savait pas comment réagir alors on s'est mis en sécurité à la maison. » Il salue au passage « l'efficacité du système de défense, très performant ».
Le calme olympien des expatriés de longue date
Laetitia L., expatriée depuis une vingtaine d'années avec sa famille, partage cette analyse avec un calme remarquable, presque rassurant : « Tout va bien de notre côté. Il n'y a rien de dramatique pour l'instant ». Pour elle, les frappes se concentrent « précisément sur des bâtiments et lieux très ciblés, sur des objectifs militaires et de renseignement. Les civils sont épargnés jusqu'à présent. Le reste, ce sont surtout des images spectaculaires qui font le bonheur des chaînes TV. »
Ce lundi, Guillaume note que « ça commence à se calmer ». Laetitia renchérit : « Il n'y a ni comportement, ni ambiance de panique autour de nous ». Reste l'incertitude sur la durée de cette crise : « Ce qui est plus difficile à prédire, c'est quand ça va s'arrêter », avoue le trentenaire. Mais l'optimisme semble l'emporter : « Je ne pense pas que ce soit la fin de Dubaï ». Pour lui, la ville du luxe et de l'opulence n'a pas dit son dernier mot et devrait conserver son statut de paradis, y compris fiscal.
Adaptation du quotidien et organisation communautaire
Sur le terrain, la vie quotidienne s'est néanmoins adaptée à cette situation inédite. Les écoles sont notamment fermées jusqu'à mercredi. « On essaie de ne pas inquiéter nos enfants, on veut les préserver mais on les informe quand même qu'il faut rester en sécurité », explique Guillaume, qui pratique également le télétravail depuis son domicile, tout comme ses collaborateurs et ceux de Laetitia.
La ville, d'ordinaire vibrante et animée, tourne au ralenti : « Il y a moins de gens dehors, moins d'activités… On est tous dans l'attente de ce qui va se passer. Mais la priorité c'est notre sécurité », témoigne le père de famille. Face à cette attente, les expatriés s'organisent via des groupes WhatsApp pour suivre l'actualité en temps réel et s'échanger des informations pratiques.
Guillaume reste cependant mesuré quant aux contacts avec les autorités françaises : « Je n'ai pas contacté le consulat. Quand il faudra rentrer on rentrera mais on ne va pas se faire rapatrier comme ça. Ce n'est pas le but. » Laetitia adopte la même position : « Pas besoin », selon elle. « L'école de mon fils et les autorités nous ont envoyé un certain nombre d'e-mails ces derniers jours avec des contacts à utiliser en cas de besoin. » Une préparation qui contribue à maintenir un sentiment de sécurité malgré les circonstances exceptionnelles.



