Détroit d'Ormuz : le trafic maritime chute de 90% après une semaine d'attaques iraniennes
Détroit d'Ormuz : trafic maritime chute de 90% après attaques

Détroit d'Ormuz : une artère maritime paralysée par les attaques iraniennes

La circulation des navires dans le détroit d'Ormuz, cette artère vitale du commerce maritime mondial, a chuté de manière spectaculaire, atteignant une baisse de 90% en seulement une semaine. On peut désormais compter sur les doigts de la main les navires qui osent encore s'aventurer dans ce passage stratégique. Cette situation dramatique résulte directement des attaques menées par les Gardiens de la Révolution iraniens, l'armée idéologique de la République islamique, en représailles aux frappes américano-israéliennes sur leur territoire.

Une paralysie presque totale du trafic maritime

Selon les données du site MarineTraffic analysées vendredi, seuls neuf navires commerciaux – comprenant des pétroliers, des cargos et des navires-citernes – ont été détectés traversant le détroit depuis le début de la semaine. Certains de ces navires ont même tenté de camoufler leur position pour échapper aux radars. Cette situation contraste radicalement avec la normale, où ce sont en moyenne 138 navires qui franchissent quotidiennement ce passage crucial, selon une analyse de la banque JP Morgan.

La société d'analyse Kpler, qui édite le site MarineTraffic, confirme cette chute vertigineuse : le trafic de pétroliers a effectivement diminué de 90% en une semaine. Cette artère maritime voit habituellement transiter 20% du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié, ce qui rend cette paralysie particulièrement préoccupante pour l'économie globale.

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Le bilan des attaques : entre certitudes et contradictions

Depuis le début de cette crise, au moins une dizaine de navires se trouvant dans le détroit d'Ormuz ou à proximité immédiate ont été la cible d'attaques. Les Gardiens de la Révolution iraniens revendiquent ces assauts menés par drones ou missiles, mais toutes ne sont pas confirmées par des sources indépendantes. Certaines le sont avec plusieurs jours de décalage, sans que le navire concerné soit toujours explicitement identifié, et les bilans peuvent présenter des contradictions significatives.

L'Organisation maritime internationale (OMI) recensait sur son site vendredi un total de neuf attaques contre des vaisseaux dans le détroit d'Ormuz en une semaine, dont quatre ont causé la mort de sept marins. Parmi les navires ciblés figurent le « Skylight » (un mort), le « MKD Vyom » (un mort), le « Hercules Star » et le « Stena Imperative » le 1er mars (un mort), le « Libra Trader » et le « Gold Oak » le 3 mars, le « Safeen Prestige » le 4, le « Sonangol Namibe » le 5 et le « Mussafah 2 » le 6 mars (quatre morts).

L'agence britannique de sécurité maritime UKMTO a publié une dizaine d'alertes concernant ces attaques, ainsi que des avertissements sur des activités suspectes, bien que les précisions sur les navires concernés restent souvent limitées.

Un cas emblématique : le naufrage du « Mussafah 2 »

Le cas du « Mussafah 2 » illustre parfaitement les contradictions dans les bilans. L'Indonésie a annoncé dimanche le naufrage de ce navire survenu deux jours plus tôt, mais avec un bilan différent de celui rapporté par l'OMI. Les autorités indonésiennes ont fait état de trois membres d'équipage indonésiens portés disparus, un survivant indonésien blessé, et quatre survivants d'autres nationalités.

Selon la société de sécurité maritime Vanguard, le « Mussafah 2 » a été touché par deux missiles alors qu'il tentait de porter assistance au porte-conteneurs « Safeen Prestige », lui-même frappé par un missile deux jours auparavant. Le Centre conjoint d'information maritime (JMIC), géré par une coalition navale occidentale, a mis en garde contre cette tendance inquiétante : « Les récents rapports d'incidents indiquent que les navires fournissant une assistance ou effectuant des opérations de sauvetage à des navires précédemment ciblés peuvent également être confrontés à un risque accru de frappes ultérieures. »

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La stratégie iranienne : entre intimidation et ambiguïté

Les intentions de l'Iran – qui exporte lui-même son pétrole via le détroit d'Ormuz – restent difficilement lisibles, avec des déclarations officielles souvent contradictoires. Un général des Gardiens de la Révolution a menacé lundi de « brûler tout navire » tentant de franchir le détroit et de bloquer toute exportation pétrolière du Golfe. Cependant, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a déclaré jeudi que son pays « n'a pas l'intention » à ce stade de fermer le détroit d'Ormuz.

Le Centre conjoint d'information maritime (JMIC) analyse cette situation en soulignant : « Le schéma observé d'attaques contre des navires à l'ancrage, des navires en navigation et des navires d'assistance suggère une campagne visant à créer une incertitude opérationnelle et à dissuader le trafic commercial régulier plutôt qu'une tentative soutenue de couler des navires. »

Face à cette crise, les États-Unis ont annoncé leur intention d'escorter les navires marchands tentant de passer le détroit « dès que ce sera raisonnable », marquant ainsi leur détermination à maintenir la liberté de navigation dans cette zone stratégique. Cette situation crée une tension internationale majeure dont les conséquences économiques pourraient être considérables si elle devait se prolonger.