Le détroit d'Ormuz paralysé par les tensions Iran-USA, le trafic maritime mondial en crise
Détroit d'Ormuz paralysé, crise maritime mondiale

Le détroit d'Ormuz paralysé par les tensions Iran-USA, le trafic maritime mondial en crise

Le trafic maritime mondial subit des perturbations majeures dans le détroit d'Ormuz, zone stratégique cruciale pour le commerce des hydrocarbures, en raison des tensions croissantes entre l'Iran et les États-Unis. Cette voie maritime névralgique, où transitent un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié, est désormais évitée par les principaux armateurs internationaux après une série d'attaques.

Trois navires attaqués dans le Golfe

Dimanche, des agences de sécurité maritime ont signalé trois incidents distincts dans cette zone maritime d'environ 50 kilomètres, bordée par l'Iran et la péninsule de Moussandam appartenant à Oman. L'agence britannique UKMTO a rapporté qu'un premier navire, au large des côtes d'Oman, a été touché par un projectile inconnu au-dessus de la ligne de flottaison, avec un incendie désormais sous contrôle.

Dans un deuxième incident, un autre navire a été frappé par un projectile, provoquant un feu qui a été maîtrisé, permettant au bâtiment de poursuivre son voyage. Un troisième navire a vu un projectile inconnu exploser à proximité immédiate de sa coque.

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La télévision d'État iranienne a pour sa part annoncé qu'un pétrolier était en train de couler après avoir été frappé alors qu'il franchissait illégalement le détroit, diffusant des images montrant une épaisse fumée noire s'échappant du navire en feu.

Les armateurs mondiaux suspendent leurs passages

Face à cette escalade, les plus grands armateurs mondiaux ont pris des mesures radicales. Après l'allemand Hapag-Lloyd, cinquième du secteur, le danois Maersk, deuxième mondial, a annoncé suspendre jusqu'à nouvel ordre tous les passages par le détroit d'Ormuz. Maersk a également décidé de suspendre temporairement les traversées par le canal de Suez, détournant ses navires par le cap de Bonne-Espérance en Afrique du Sud.

Le plus gros armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné à tous ses navires présents dans le Golfe de se mettre à l'abri. Laurent Martens, délégué général d'Armateurs de France, a révélé qu'un total de 60 navires sous pavillon français ou appartenant à des entreprises françaises sont actuellement bloqués dans le Golfe arabo-persique.

Dirk Siebels, de l'agence de sécurité maritime Risk Intelligence, souligne que cette situation n'a pas de véritable précédent, notant que si le trafic des pétroliers avait été perturbé lors de la guerre Iran-Irak dans les années 80, le secteur maritime a considérablement évolué depuis quarante ans.

Menaces sur les prix du pétrole et stratégies régionales

L'impact économique potentiel est considérable. Homayoun Falakshahi, analyste chez Kpler, estime que les prix du pétrole pourraient grimper au-delà des 120 dollars le baril en cas de conflit prolongé, un niveau inédit depuis des années. Les pays de l'Opep+ ont annoncé une augmentation de leurs quotas de production de 206 000 barils par jour pour avril, mais selon Jorge Leon de Rystad Energy, cette mesure constitue un signal, pas une solution face à une possible paralysie du détroit.

Pour Ali Vaez de l'International Crisis Group, un blocage total du détroit serait toutefois suicidaire pour l'Iran, qui dépend de cette voie pour vendre son pétrole à la Chine. Il estime plus plausible que Téhéran s'inspire des tactiques des Houthis au Yémen en ciblant des navires spécifiques selon leur pavillon ou cargaison, faisant ainsi grimper les primes d'assurance et les prix mondiaux de l'énergie sans fermer complètement le passage.

Le secrétaire général de l'Organisation maritime internationale, Arsenio Dominguez, a appelé les compagnies maritimes à éviter la région et à faire preuve de la plus grande prudence, alors que l'incertitude plane sur l'évolution de cette crise géopolitique majeure pour les échanges énergétiques mondiaux.

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