Le mystérieux drone militaire chargé d'explosifs découvert le 7 mai au large de la Grèce continue de susciter des interrogations. Alors que le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, affirme qu'il s'agit d'un appareil ukrainien, le fabricant ukrainien Uforce dément formellement qu'il s'agisse de l'un de ses drones Magura.
Un drone repêché par des pêcheurs
Le drone a été retrouvé jeudi dernier dans une grotte au sud-ouest de l'île grecque de Leucade, en mer Ionienne. Son moteur était encore en marche au moment de la découverte. Les pêcheurs ont réussi à sécuriser l'engin et l'ont remorqué jusqu'au port de Vasiliki, où ils l'ont remis aux garde-côtes grecs.
Initialement, les autorités grecques avaient identifié le drone comme étant un Magura V3 ukrainien, un modèle utilisé par les forces ukrainiennes contre des navires russes en Crimée. Cependant, Uforce a rapidement contredit cette affirmation.
Le fabricant ukrainien dément
« L'engin trouvé près de Leucade n'est pas un drone Magura », a déclaré Uforce dans un communiqué. « Bien qu'il présente une ressemblance visuelle superficielle avec les systèmes de type Magura, sa conception, sa construction et ses spécifications techniques apparentes ne correspondent à aucune option de notre gamme de produits. » La start-up ukrainienne a également précisé qu'aucune version V3 n'a jamais existé.
Malgré ces démentis, le ministre grec de la Défense maintient sa position. « Nous avons désormais la certitude qu'il est ukrainien », a-t-il affirmé ce mardi à Bruxelles, qualifiant cette affaire de « sujet extrêmement grave qui affecte la liberté et la sécurité de navigation ».
Kiev nie toute implication
De son côté, le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Georgiy Tykhy, a indiqué mardi soir que l'Ukraine « ne disposait d'aucune information concernant le drone retrouvé en Grèce ». Il a ajouté qu'« il n'existe absolument aucune preuve qu'il appartienne à des opérateurs ukrainiens de drones maritimes », tout en se déclarant disposé « à coopérer avec la partie grecque pour clarifier les circonstances de l'incident ».
Lundi, le ministre grec des Affaires étrangères avait déjà prévenu que la Grèce « n'autoriserait pas le développement d'activités militaires dans la région méditerranéenne et en particulier dans son voisinage ». Il a assuré que la Grèce prendrait « toutes les mesures nécessaires pour garantir que la Méditerranée ne devienne pas un théâtre d'opérations militaires ».



