Attaque au drone contre un parti kurde iranien en Irak : deux blessés
Drone iranien frappe un camp kurde en Irak : deux blessés

Une attaque ciblée contre l'opposition kurde iranienne en Irak

La voix d’Afsana Rahimi, entrecoupée de respirations saccadées, témoigne de la panique. "Ils viennent de viser notre base, alors que nous étions tous à l’intérieur", parvient-elle à articuler avant de raccrocher subitement. Quelques minutes plus tôt, le siège du Khabat, l’un des partis d’opposition kurdes iraniens exilés en Irak, a été violemment attaqué.

Un double assaut aérien dévastateur

Un drone puis un missile se sont écrasés sur le campement situé à Topzawa, à 25 kilomètres à l’ouest d’Erbil, dans le nord du pays. L'impact a été dévastateur : les fenêtres ont volé en éclats et l’intérieur de trois bâtiments a été gravement endommagé. Parmi la cinquantaine de peshmergas – terme désignant les combattants kurdes signifiant "ceux qui affrontent la mort" – qui vivaient et s’entraînaient sur place, deux ont été blessés.

La plupart des combattants ont désormais déserté les lieux. Seule une poignée d'entre eux, leur kalachnikov pour seul moyen de défense, est restée pour surveiller le ciel obscur, d’où pleuvent régulièrement les drones et les missiles envoyés par Téhéran et ses alliés chiites irakiens.

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Une cible stratégique pour l'Iran

Ces frappes visent systématiquement les positions des Kurdes iraniens exilés depuis les années 1980 au Kurdistan irakien. L’Iran craint qu'ils ne prennent part au conflit régional, aux côtés des États-Unis et d’Israël, et intensifie donc ses attaques préventives.

La semaine dernière, Donald Trump a déclaré à Reuters qu'il soutiendrait ces groupes d'opposition s'ils lançaient une opération terrestre contre l'Iran. Le 22 février, cinq de ces partis, rejoints ensuite par une sixième, ont annoncé la création d’une coalition visant à "renverser la République islamique" et à obtenir l'autodétermination du peuple kurde en Iran.

Une opportunité historique pour les Kurdes iraniens

Ces partis, traditionnellement divisés par des luttes intestines, voient dans cette guerre une chance historique. Les Kurdes iraniens sont réprimés depuis 1979 par le régime des mollahs, et cette coalition pourrait marquer un tournant.

Sardar Waladbeigi, responsable des relations avec l’Europe au sein du Parti de la liberté du Kurdistan (PAK), affirme : "C’est une des plus grandes opportunités que nous ayons eues. Si nous la laissons passer, nous n’en aurons pas d’autre avant peut-être 20 ou 30 ans." Cette attaque récente souligne la vulnérabilité de ces groupes, mais aussi leur détermination à résister face à l'escalade des tensions.

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