Olivier Faure sonne l'alarme : la Russie engage une double guerre, militaire et idéologique
Dans une tribune publiée le 24 février 2026, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, actuellement en déplacement à Kiev, lance un appel pressant à ne pas relâcher le soutien à l'Ukraine. Il décrit ce conflit comme « le test grandeur nature de la solidité démocratique européenne », soulignant que la guerre dépasse largement le cadre géographique du front oriental.
La guerre visible : l'agression militaire en Ukraine
Olivier Faure rappelle que la première guerre menée par la Russie est une agression caractérisée, violant le droit international et visant à imposer une logique impériale. Cette guerre détruit des villes, endeuille des familles, frappe des infrastructures civiles et tente d'effacer un peuple. Il insiste sur la nécessité d'une réponse ferme : solidarité, défense du droit, protection de l'indépendance ukrainienne. Selon lui, aider l'Ukraine, accueillir ses réfugiés et sanctionner l'agresseur sont des actions justifiées et essentielles.
La guerre invisible : l'assaut contre les démocraties
Mais le danger ne se limite pas au champ de bataille. Olivier Faure met en garde contre une seconde guerre, moins visible mais tout aussi décisive, qui se joue au cœur de nos démocraties. Cette guerre utilise des récits plutôt que des missiles, ciblant les esprits pour fissurer nos sociétés, déstabiliser nos institutions et affaiblir nos alliances. Elle s'infiltre dans les débats publics, les réseaux sociaux et les élections, attisant les fractures et prospérant sur la fatigue. L'Ukraine est ainsi devenue un test crucial pour la résilience démocratique européenne.
Les risques de l'habituation et de la division
Olivier Faure souligne que cette guerre du temps long éprouve d'abord l'Ukraine, avec ses villes détruites et ses soldats épuisés, mais elle met aussi à l'épreuve nos démocraties. Le risque majeur n'est pas seulement la division, mais l'habituation à l'inacceptable, où la lassitude remplace l'indignation et la solidarité s'érode imperceptiblement. Il rappelle les leçons de l'histoire européenne sur le coût de l'érosion progressive des principes face aux régimes autoritaires.
Une réponse démocratique et ferme
Pour Olivier Faure, la réponse ne peut être uniquement militaire ou technique ; elle doit être démocratique. Il appelle à tenir sur plusieurs fronts :
- Tenir dans le soutien à l'Ukraine pour ne jamais donner l'avantage du fait accompli à la Russie.
- Tenir dans la clarté des mots, en refusant de transformer une invasion en simple « conflit ».
- Tenir dans l'exigence d'une paix juste, sans laquelle toute trêve serait une capitulation différée.
- Tenir dans la justice, en refusant l'impunité pour les crimes de guerre.
L'enjeu ultime : la survie des démocraties
Olivier Faure conclut que si l'Ukraine était sacrifiée, cela enverrait un signal clair : la force paie, le droit recule, et les démocraties se fatiguent avant les régimes autoritaires, ouvrant la voie à d'autres agressions. En revanche, si nous préservons notre unité et notre exigence, l'Ukraine pourra non seulement résister mais aussi reconstruire. Cette guerre se joue aussi chez nous, et c'est par notre fidélité et notre refus de la lassitude que la démocratie pourra triompher, assurant la victoire des Ukrainiens et la nôtre.



