L'Union européenne et ses alliés occidentaux accusent les forces soudanaises de crimes de guerre
Dans une déclaration commune rendue publique mercredi 18 février, l'Union européenne et la majorité de ses États membres, ainsi que le Royaume-Uni, le Canada et plusieurs autres pays, ont fermement dénoncé les possibles crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis au Soudan. Ce pays est déchiré depuis avril 2023 par une guerre sanglante opposant l'armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR), des paramilitaires.
Une condamnation internationale sans équivoque
Le communiqué, signé par 31 participants dont les chefs de la diplomatie de 24 pays de l'UE, du Canada, du Royaume-Uni, de l'Islande, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande, ainsi qu'une commissaire européenne et un responsable humanitaire suisse, exprime une condamnation avec la plus grande fermeté des violences abjectes perpétrées contre les civils. Les femmes et les enfants sont particulièrement ciblés, selon le texte qui dénonce également toutes les graves violations du droit international humanitaire.
Ces violations peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité et doivent faire l'objet d'enquêtes rapides et impartiales, insistent les signataires. Cette déclaration fait suite aux accusations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, qui cinq jours auparavant reprochait déjà aux paramilitaires des crimes de guerre et de possibles crimes contre l'humanité.
Une crise humanitaire qualifiée de pire au monde
Les Occidentaux ont également dénoncé la récente et grave escalade des attaques par drones et par voie aérienne, qui visent délibérément les civils, le personnel sanitaire et les travailleurs humanitaires. Les régions du Darfour et du Kordofan demeurent l'épicentre de la plus grave crise humanitaire à l'échelle mondiale, selon la déclaration commune.
Le conflit au Soudan a provoqué des conséquences catastrophiques :
- Plusieurs dizaines de milliers de morts
- Plus de 14 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et au-delà de ses frontières
- Des violations systématiques des droits humains
- Une destruction massive des infrastructures civiles
Les signataires ont réitéré d'urgence leur appel aux FSR, aux Forces armées soudanaises et à leurs milices alliées pour qu'elles cessent immédiatement les hostilités. Ils soulignent que la situation continue de se détériorer malgré les appels répétés de la communauté internationale.
Un contexte de violences quotidiennes
La déclaration intervient alors que des images montrent des membres du Croissant-Rouge soudanais exhumant les restes de victimes enterrées à la hâte dans des tombes improvisées, pour les réinhumer dans le cimetière local d'al-Azhari, dans la banlieue sud de Khartoum. Ces enterrements précipités avaient eu lieu lorsque la région était sous le contrôle des forces paramilitaires des Forces de soutien rapide.
Les témoignages des civils qui ont fui les zones contrôlées par les FSR décrivent une situation de terreur permanente, avec des pratiques systématiques de tirs arbitraires, d'arrestations illégales et de racket. L'ONU a qualifié cette crise de pire catastrophe humanitaire au monde, dépassant même les situations dramatiques observées dans d'autres régions en conflit.
La communauté internationale reste profondément préoccupée par l'absence de perspective de résolution du conflit et par la poursuite des atrocités contre les populations civiles, qui endurent des souffrances inimaginables depuis près de deux ans maintenant.



