Boycott diplomatique à Genève : les Occidentaux quittent la salle lors d'un discours russe
Ce mardi, à Genève, une scène de tension diplomatique s'est produite au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, marquant le quatrième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Plusieurs pays occidentaux ont boycotté l'intervention de la Russie, avec des représentants d'une quarantaine de nations quittant la salle en signe de protestation.
Une salle clairsemée pour le discours russe
Pendant que le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Dmitri Lioubinski, dénonçait la « russophobie » européenne et « l'instrumentalisation du peuple ukrainien par les pays occidentaux », l'auditoire était très clairsemé. Les diplomates occidentaux se sont rassemblés pour une photo de famille dans un escalier voisin, symbolisant leur solidarité contre les actions russes.
Un boycott similaire en marge de la Conférence du désarmement
Dans la matinée, un boycott identique avait déjà eu lieu lors d'une session de la Conférence du désarmement à Genève. Lorsque Guennadi Gatilov, ambassadeur de Russie sur place, a pris la parole, les pays européens étaient absents et d'autres sièges sont restés vides, notamment ceux du Royaume-Uni, de l'Ukraine, du Canada, de l'Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande. À l'extérieur, pendant l'intervention de M. Gatilov, les délégués se sont rassemblés, brandissant un grand drapeau ukrainien.
La solidarité européenne réaffirmée
Les représentants de l'Ukraine ont tenu une réunion publique en marge du Conseil des droits de l'homme, au cours de laquelle plusieurs ministres des Affaires étrangères européens ont exprimé leur soutien à Kiev. Le ministre des Affaires étrangères de Moldavie, Mihai Popsoi, s'exprimant au nom de 44 pays, a déclaré qu'il était « impossible de trouver les mots pour décrire l'horreur infligée par la Russie à l'Ukraine ».
« La Russie semble déterminée à anéantir les biens les plus élémentaires des civils, ce qui a des conséquences dévastatrices sur tous les aspects de la vie des enfants ukrainiens », a-t-il ajouté.
La ministre islandaise des Affaires étrangères, Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, a salué le « courage discret et quotidien » des civils ukrainiens, tandis que le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a déclaré que la Russie « violait tous les principes fondamentaux » en Ukraine.
L'ONU tire la sonnette d'alarme
L'invasion russe, qui dure depuis quatre ans, continue d'infliger des « souffrances humaines incommensurables », a souligné le coordinateur humanitaire des Nations unies en Ukraine, Matthias Schmale, lors d'une conférence de presse. Il a indiqué que plus de 10,8 millions de personnes, soit environ un quart de la population du pays, avaient besoin d'aide humanitaire, dont près d'un million dans les territoires occupés par la Russie.
L'année dernière, environ cinq millions de personnes ont bénéficié d'une aide humanitaire en Ukraine. « La guerre a laissé des cicatrices profondes et invisibles », a insisté Matthias Schmale depuis Kiev, mettant en lumière l'impact durable du conflit sur la société ukrainienne.
Cette journée de protestation à Genève illustre la fracture croissante entre la Russie et les pays occidentaux, avec des actions diplomatiques fortes pour dénoncer l'agression en Ukraine et soutenir les victimes du conflit.



