Ben-Gvir appelle à tuer 40 Palestiniens par nuit à Gaza, tollé international
Ben-Gvir appelle à tuer 40 Palestiniens par nuit, tollé

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a suscité un tollé international après avoir appelé à « éliminer 30, 40 » personnes « chaque nuit à Gaza » lors d'un podcast diffusé le 15 août 2026. Ses propos, tenus face à l'ex-otage du Hamas Rom Braslavski, ont été qualifiés d'« inhumains » par la France, l'Allemagne et l'ONU.

Des déclarations choc dans un podcast polémique

Enregistré le 13 août et mis en ligne le 15 août, le premier épisode du podcast « Le 8 octobre » met en scène Itamar Ben-Gvir et Rom Braslavski, détenu pendant deux ans dans la bande de Gaza. L'ex-otage remercie le ministre d'extrême droite et lui rapporte qu'il serait « l'homme politique israélien le plus détesté à Gaza ». Ben-Gvir rétorque : « J'en suis fier », ajoutant être fier que ses ennemis aient « peur » de lui.

C'est dans cet échange que Ben-Gvir expose sa doctrine pour Gaza : « Je pense que nous devons faire des éliminations ciblées chaque nuit, éliminer 30, 40 » personnes, affirme-t-il, précisant qu'il ne vise pas uniquement des personnes représentant une menace immédiate. Il ajoute : « Il y a des gens là-bas qui ne sont pas dignes de vivre, ils ne doivent pas vivre, ce ne sont même pas des êtres humains ; je leur fais une faveur en les appelant des êtres humains. »

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Des propos radicaux sur la colonisation et la peine de mort

Vers la fin du podcast, Ben-Gvir gonfle le nombre de cibles : « Chaque nuit, il faut éliminer 30, 40, 50 terroristes à Gaza. Pas un seul cheveu de la tête de l'un de nos soldats, de nos combattants, d'une de nos combattantes ne doit tomber, quitte à ce que meurent 1 000 terroristes. » Le ministre, qui n'a pas autorité sur Tsahal, ne peut ordonner de telles frappes.

Sa vision de Gaza inclut aussi la recolonisation : « Dans mon imagination, je vois tout Gaza à nous. Des colonies, pas seulement dans le Goush Katif, mais dans tout Gaza. Encourager l'émigration autant que possible, les envoyer dans leurs pays. » Pour ceux qu'il qualifie de terroristes, les Palestiniens : « Pas d'émigration, rien du tout, il faut les tuer un par un. »

Interrogé sur les geôliers de Rom Braslavski, Ben-Gvir affirme qu'une femme qui lui apportait à manger est « une terroriste à part entière » qui « doit recevoir une balle dans la tête ». Ceux qui l'ont détenu et maltraité mériteraient « la mort dans les souffrances ».

Un appel à la pendaison et des réactions internationales

Un pan entier de l'entretien concerne la peine de mort. Rom Braslavski adresse une requête personnelle à Ben-Gvir : « Permettez-moi d'être celui qui les pend. Je ne veux pas de corde, et je n'ai pas besoin de bouton, de mes propres mais j'exécuterai chaque terroriste ici dans l'Etat d'Israël. » Ben-Gvir accueille favorablement la demande : « Je vais remuer ciel et terre pour que cela se produise. Ce serait l'un de mes plus beaux rêves. » Le ministre précise que la peine doit être appliquée « par pendaison ».

Le 18 août, le bureau de Ben-Gvir a annoncé la construction, dans une prison du centre d'Israël, d'une installation destinée à la pendaison des personnes condamnées à mort pour terrorisme, avec des espaces permettant aux victimes d'attentats et à des familles endeuillées d'assister aux exécutions, selon le Jerusalem Post.

Les réactions internationales se sont multipliées. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifié les déclarations de Ben-Gvir d'« insupportables et inhumaines », ajoutant : « Ce qu'il se passe aujourd'hui en Cisjordanie est proprement indigne et devrait tous nous révulser. » La France interdit déjà l'accès de son territoire au ministre israélien depuis le 23 mai. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a condamné « avec la plus grande fermeté » des « appels inhumains et contraires au droit international ». Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a condamné « sans équivoque » ces déclarations, son porte-parole Stéphane Dujarric les jugeant « consternants, scandaleux, déshumanisants et dangereux ».

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