Près de 3 000 hectares de végétation sont dévastés dans les Fagnes, dans l'est de la Belgique, par un incendie d'une ampleur inédite depuis 1911. Les pompiers, soutenus par des agriculteurs et des hélicoptères européens, luttent contre plusieurs foyers actifs, dans des conditions de vent fort et de chaleurs atteignant 37 °C.
Un brasier historique dans les Fagnes
Depuis vendredi, les pompiers travaillent sans relâche pour contenir le feu qui ravage cette grande forêt de l'est du pays, prisée des randonneurs. "On tient le coup parce que tout le monde veut que ça s'éteigne", confie Grégory Mélotte, un pompier enchaînant sa troisième rotation dans le secteur. "On a vraiment limité la casse pour éviter que ça prenne dans les grands sapins", affirme-t-il, tout en estimant que l'incendie n'est "pas sous contrôle".
Les soldats du feu bénéficient du soutien de nombreux agriculteurs de la région. "Actuellement, on a une quinzaine de tracteurs qui font la file pour se ravitailler", raconte Jean-Pierre Robert, patron d'un hôtel proche du lac de Robertville, à l'AFP. "On a bougé nos vaches et on a ouvert toutes nos barrières pour donner accès" à ce plan d'eau stratégique, explique cet homme de 54 ans.
Des évacuations et une fumée jusqu'en France
Cet incendie est le plus gros de l'histoire belge récente – un brasier en 1911 avait également ravagé la zone. Une journaliste de l'AFP escortée dans la zone incendiée a vu une vaste étendue de végétation carbonisée, dégageant énormément de fumée. La région, proche de l'Allemagne, est couverte d'un panache jauni par endroits, ce qui a poussé les autorités à évacuer des habitants des villages proches. La ville allemande frontalière de Monschau a également recommandé à ses habitants de partir.
L'odeur de fumée a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres de là, et même dans le département français de la Moselle, qui a déclenché une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique. Aucune habitation n'a toutefois été touchée.
Vent en hausse et renforts européens
Selon les autorités, "plusieurs foyers" restaient "actifs" dimanche. "On vient encore avoir un problème d'augmentation du vent et on a demandé encore un renfort d'une unité complète", a déclaré Luc Burette, commandant de la zone de secours. La configuration du terrain, boisé et très accidenté, empêche les pompiers de s'approcher des flammes et d'accéder à la première zone brûlée, laissant l'origine du feu inconnue.
La solution vient donc du ciel. En plus de sa propre flotte, la Belgique mise sur des renforts aériens d'autres pays européens. Un ballet d'hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas s'est mis en place dimanche matin pour larguer de l'eau. Grâce au mécanisme de protection civile, activé samedi, la Belgique compte, en plus de ses deux hélicoptères, deux hélicoptères des Pays-Bas, des Chinook, ainsi que deux bombardiers d'eau venus de Suède, opérationnels dans l'après-midi.
La commissaire européenne Hadja Lahbib, chargée de la gestion des crises, a précisé à l'AFP qu'un agent de liaison avait été dépêché sur place pour coordonner le déploiement. "C'est crucial pour éviter les accidents", comme celui qui s'est produit début août en Grèce quand deux hélicoptères sont entrés en collision, a-t-elle souligné. "Merci à nos partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent", a salué le Premier ministre belge Bart De Wever sur X.
Chaleur et sécheresse propices aux feux
Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d'un épisode de fortes chaleurs et de sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37 °C dans certaines parties du pays vendredi, des conditions propices au départ d'incendies. Les opérations se poursuivent pour maîtriser les foyers actifs, tandis que les renforts aériens européens sont déployés pour soutenir les équipes au sol.



