La Banque centrale russe lance une offensive juridique contre l'Union européenne
La Banque centrale de Russie (BCR) a annoncé ce mardi 3 mars avoir déposé un recours auprès du Tribunal de l'Union européenne. Cette action vise à contester le gel de près de 210 milliards d'euros de ses avoirs, une mesure imposée par l'UE pour une durée indéterminée. Cette immobilisation financière constitue une partie clé des sanctions économiques décrétées par l'Union européenne en réponse à l'offensive russe contre l'Ukraine lancée en février 2022.
Les arguments juridiques de la Russie
Dans un communiqué officiel, la BCR affirme que le règlement de l'UE viole plusieurs principes fondamentaux. Elle souligne notamment l'atteinte aux droits d'accès à la justice, à l'inviolabilité de la propriété, ainsi qu'au principe de l'immunité souveraine des États et de leurs banques centrales. Cette démarche s'inscrit dans un contexte plus large de multiplication des recours juridiques russes contre les mesures de soutien à l'Ukraine, comme l'a indiqué Balasz Ujvari, porte-parole de la Commission européenne.
Les implications du gel des avoirs
L'essentiel de ces avoirs gelés est détenu en Belgique, principalement par l'établissement financier Euroclear basé à Bruxelles. Une décision européenne prise en décembre a entériné ce gel jusqu'à ce que la Russie mette fin au conflit en Ukraine, ce qui représente une durée indéterminée. Auparavant, cette mesure devait être renouvelée tous les six mois par une décision unanime des États membres, offrant ainsi des opportunités de blocage à des pays comme la Hongrie et la Slovaquie, qui entretiennent des relations amicales avec Moscou.
Les réactions et les procédures parallèles
La Commission européenne a exprimé sa pleine confiance dans la légalité de ce règlement et sa compatibilité avec le droit de l'UE. Parallèlement, la Banque centrale russe a également intenté un procès contre Euroclear devant un tribunal de Moscou. Ces actions juridiques surviennent alors que l'UE espère pouvoir utiliser ces ressources gelées pour financer un prêt à l'Ukraine, renforçant ainsi les tensions diplomatiques et économiques dans le cadre de la guerre en cours.
Cette affaire illustre les complexités juridiques et politiques des sanctions internationales, avec des enjeux majeurs pour la stabilité financière et les relations entre la Russie et l'Union européenne. Les développements futurs de ce recours pourraient influencer la manière dont les avoirs gelés sont gérés et potentiellement utilisés pour soutenir la reconstruction de l'Ukraine.



