Ali Larijani, figure centrale du pouvoir iranien, en position de force pour une transition
Il pourrait bien être l'homme que Donald Trump choisira pour engager des discussions sur une transition politique en Iran. Ali Larijani, ancien ministre, président du parlement, candidat à la présidentielle et surtout conseiller très proche du guide suprême Ali Khamenei, chargé notamment des affaires étrangères, est sur le point de voir son rôle s'amplifier considérablement au sein de l'appareil d'État iranien.
Un pilier du régime nommé à des postes stratégiques
Considéré comme un pilier incontournable du pouvoir à Téhéran, Ali Larijani a été nommé en août dernier à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale par l'ayatollah Khamenei lui-même. Cette nomination s'accompagnait d'une mission cruciale : préparer la succession du guide suprême. Une tâche qui a pris une dimension encore plus importante depuis la mort tragique d'Ali Khamenei, tué par des frappes américaines le 28 février dernier.
Un fin négociateur au profil international
Scientifique et docteur en philosophie, Ali Larijani possède une connaissance approfondie des Occidentaux, acquise notamment lors des négociations sur le dossier nucléaire iranien entre 2005 et 2007. Récemment, c'est encore lui qui représentait la République islamique d'Iran lors des négociations dites « de la dernière chance » à Oman.
Cette expertise diplomatique pourrait faire de lui un intermédiaire privilégié pour les Occidentaux dans le cadre d'une éventuelle transition de régime en Iran. « Si les Américains ou les Israéliens voulaient l'éliminer, il serait éliminé comme les autres. Sauf qu'eux veulent garder quelqu'un avec lequel ils puissent justement discuter et négocier », explique Azadeh Kian, professeure émérite de sociologie à l'université Paris-Cité, interrogée par RFI.
Un rôle similaire à celui de Delcy Rodriguez au Venezuela ?
Cette position pourrait lui octroyer un rôle comparable à celui joué par Delcy Rodriguez au Venezuela. La vice-présidente de Nicolas Maduro, initialement enlevée par les États-Unis, s'est d'abord présentée comme la défenseure de son président et du régime chaviste avant de devenir l'interlocutrice privilégiée des Américains. Une ambition possible pour Ali Larijani, qui avait souhaité briguer la présidence de l'Iran en 2021 et 2024, mais qui en a été empêché par la volonté d'Ali Khamenei de le garder à ses côtés.
Des obstacles significatifs sur son chemin
Cependant, plusieurs obstacles majeurs se dressent face à cette hypothèse. Tout d'abord, les déclarations récentes d'Ali Larijani ont été particulièrement belliqueuses envers les États-Unis et Israël. Sur la télévision iranienne, il a affirmé : « Ils ont brûlé le cœur de la nation iranienne, et nous allons à notre tour brûler leur cœur. Ils doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas juste nous bombarder comme cela et partir. »
Sur le réseau social X, il a ajouté : « Nous défendrons farouchement notre civilisation vieille de six mille ans, quel qu'en soit le prix et nous ferons regretter à nos ennemis leur erreur d'appréciation. L'Iran contrairement aux États-Unis s'est préparé à une grande guerre. »
Un manque de soutien populaire et institutionnel
De plus, il semblerait qu'Ali Larijani ne dispose pas de soutiens très solides en Iran. Selon Mahnaz Shirali, politologue spécialiste de l'Iran citée par RFI, l'homme est « détesté par les Iraniens ». Son influence sur les Gardiens de la révolution serait également très discutable.
Enfin, son frère, Sadeq Larijani, haut dignitaire du régime et ancien chef de la justice iranienne, est l'un des candidats à la succession du guide suprême, ce qui pourrait compliquer davantage la position d'Ali Larijani dans les arcanes du pouvoir.



