Nouri al-Maliki défie Trump et vise le pouvoir en Irak tout en rassurant Washington
Al-Maliki défie Trump et vise le pouvoir en Irak

Nouri al-Maliki défie les injonctions américaines et vise un retour au pouvoir en Irak

L'ancien Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, âgé de 75 ans, a fermement déclaré lundi à l'AFP qu'il maintenait sa candidature au poste de Premier ministre, refusant de céder aux pressions du président américain Donald Trump. Cette annonce intervient alors que le dirigeant irakien cherche à apaiser les inquiétudes de Washington concernant ses liens avec l'Iran, tout en affirmant son attachement à la souveraineté nationale.

Un refus catégorique face aux menaces américaines

« Je n'ai absolument aucune intention de me retirer, par respect pour mon pays, sa souveraineté et sa volonté », a insisté Nouri al-Maliki lors d'un entretien dans son bureau à Bagdad. Le candidat a dénoncé une « ingérence flagrante » des États-Unis, rappelant que personne n'a le droit de dicter aux Irakiens pour qui ils peuvent voter. « Je ne me retirerai pas, quoi qu'il arrive », a-t-il répété avec détermination.

En janvier dernier, Donald Trump avait menacé de retirer tout soutien américain à Bagdad si M. Maliki, perçu comme proche de l'Iran voisin, revenait au pouvoir. Cette mise en garde n'a cependant pas ébranlé la résolution de l'ancien Premier ministre, qui a déjà dirigé le pays à deux reprises entre 2006 et 2014.

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Des garanties pour rassurer Washington

Malgré son refus de plier devant les exigences américaines, Nouri al-Maliki a tenu à afficher son attachement à une relation constructive avec les États-Unis. « Je pense que les liens avec les États-Unis sont essentiels pour le développement de l'Irak », a-t-il souligné, cherchant ainsi à tempérer les craintes liées à son positionnement.

Le candidat s'est également engagé à protéger les missions diplomatiques en Irak s'il accédait au pouvoir, une promesse cruciale dans un contexte régional tendu. « Nous ne permettrons à aucune partie de cibler un pays qui maintient une présence diplomatique - comme des ambassades - en Irak », a-t-il assuré. « Tous les pays peuvent être assurés du fait que nous empêcherons toute violation visant leurs ambassades ou leurs intérêts officiellement reconnus en Irak ».

La question sensible du contrôle des armes

Toujours soucieux de donner des gages aux États-Unis, Nouri al-Maliki s'est déclaré favorable à un monopole des armes par l'État, une exigence clé de Washington. Il a jugé « tout à fait possible » un accord en ce sens avec les factions soutenues par l'Iran, démontrant ainsi sa volonté de jouer un rôle d'équilibriste.

« Nous voulons des armes entre les mains de l'État, nous voulons une force militaire centralisée. Nous l'avons répété à maintes reprises : nous voulons une armée sous un commandement unique et obéissant directement aux ordres de l'État », a affirmé le candidat. Cette position vise à répondre aux préoccupations américaines tout en préservant les relations avec Téhéran, définies par des « intérêts partagés » selon M. Maliki.

Un soutien politique solide et un contexte institutionnel complexe

Nouri al-Maliki bénéficie du soutien du Cadre de coordination, une alliance de factions chiites plus ou moins liées à l'Iran, qui détient la majorité au Parlement irakien. Il avait précédemment indiqué qu'il ne renoncerait à sa candidature que si cette coalition lui retirait son appui, ce qui n'est pas le cas actuellement.

Conformément au système de partage du pouvoir en Irak, le poste de Premier ministre revient traditionnellement à un chiite, tandis que la présidence du Parlement est attribuée à un sunnite et la présidence de la République, un poste largement honorifique, à un Kurde. Cependant, les partis kurdes n'ont pas encore réussi à s'entendre sur un candidat, ajoutant une incertitude supplémentaire au processus de formation gouvernementale.

Les autorités irakiennes se livrent depuis des années à un exercice d'équilibriste délicat entre leurs deux alliés, les États-Unis et l'Iran, eux-mêmes farouches ennemis. La candidature de Nouri al-Maliki, avec son passé contrasté de soutien américain après l'invasion de 2003 puis de rapprochement avec Téhéran, illustre parfaitement cette tension permanente qui façonne la politique irakienne.

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