Une condamnation internationale massive
Dans une déclaration commune rendue publique mardi 18 février 2026, quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont exprimé une condamnation ferme face à l'adoption par Israël de nouvelles mesures destinées à « étendre sa présence illégale » en Cisjordanie occupée. Cette coalition internationale, comprenant des puissances comme la France, la Chine, l'Arabie saoudite et la Russie, ainsi que des organisations telles que l'Union européenne et la Ligue arabe, a réaffirmé son opposition catégorique à toute forme d'annexion.
Les mesures israéliennes en question
Le gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu, a pris dimanche une décision controversée pour accélérer le processus d'enregistrement foncier en Cisjordanie, un territoire occupé depuis 1967. Cette initiative fait suite à l'approbation, une semaine plus tôt, d'un texte facilitant les achats de terres par les colons. Selon l'ONG israélienne La Paix maintenant, opposée à la colonisation, la nouvelle disposition prévoit un financement de 244 millions de shekels (environ 67 millions d'euros) pour une opération de régularisation des titres fonciers dans la zone C, sous contrôle israélien, qui couvre près de 60% du territoire de la Cisjordanie.
Les réactions internationales et les conséquences
Les 85 pays signataires ont déclaré aux Nations unies à New York : « Nous condamnons fermement les décisions et mesures unilatérales israéliennes visant à étendre la présence illégale d'Israël en Cisjordanie. Ces décisions sont contraires aux obligations d'Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées. » Ils ont également souligné que ces actions violent le droit international, compromettent les efforts de paix et de stabilité dans la région, et mettent en péril la perspective d'un accord de paix durable.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait déjà appelé lundi Israël à « revenir immédiatement » sur ces mesures, les qualifiant de « déstabilisantes et illégales », un avis partagé par la Cour internationale de justice. L'Union européenne a réitéré que « l'annexion de la Cisjordanie est illégale au regard du droit international », tandis que le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé des « actions illégales » qui risquent d'aggraver le conflit israélo-palestinien.
Le contexte de la colonisation
La colonisation israélienne en Cisjordanie s'est poursuivie sous tous les gouvernements depuis 1967, mais elle s'est nettement intensifiée sous l'actuel exécutif de Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël. Cette accélération est particulièrement notable depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023. Aujourd'hui, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, que l'ONU considère comme illégales, au milieu d'environ trois millions de Palestiniens. L'Autorité palestinienne a condamné avec force ces mesures, les jugeant « légalement invalides » et représentant le début d'un processus d'annexion de facto.
Cette situation soulève des inquiétudes croissantes quant à l'avenir de la paix dans la région, avec des appels répétés de la communauté internationale pour un retour au respect du droit international et des négociations.



