UE-Mercosur : l'accord commercial controversé entre en vigueur provisoirement
UE-Mercosur : l'accord controversé en vigueur provisoirement

L'accord commercial entre l'Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) est entré en vigueur de façon provisoire ce vendredi 1er mai 2026, après plus de 25 ans de négociations. Ce traité, l'un des plus ambitieux au monde, crée une zone de libre-échange couvrant plus de 700 millions de consommateurs. Il est vivement dénoncé par la France et les agriculteurs, mais soutenu par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne.

Des avantages immédiats selon Bruxelles

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est félicitée de cette entrée en vigueur sur son compte X, déclarant que les droits de douane commencent à baisser et que les entreprises accèdent à de nouveaux marchés. Dès ce vendredi, les taxes sur les voitures, les produits pharmaceutiques et le vin exportés par l'UE vers les pays du Mercosur sont supprimées ou considérablement réduites.

Un accord "historique" salué par les partisans

Le président du Conseil européen, António Costa, a qualifié cet accord de "partenariat qui reflète notre vision commune du monde" lors d'une visioconférence avec les dirigeants du Mercosur. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, a parlé d'une "grande journée" et d'un accord "historique".

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Une opposition farouche du monde agricole

À l'inverse, l'eurodéputée insoumise Manon Aubry a dénoncé une "journée bien sombre", alertant sur une concurrence déloyale pour les agriculteurs européens, qui devront faire face à des importations massives de denrées agricoles aux normes sanitaires et environnementales moins strictes. Les agriculteurs ont manifesté leur colère à Bruxelles et Strasbourg, avec tracteurs et fumigènes.

L'UE divisée sur les effets du traité

Les partisans, emmenés par l'Allemagne et l'Espagne, estiment que cet accord relancera l'économie européenne face à la concurrence chinoise et aux droits de douane américains. Les détracteurs, dont la France et la Pologne, craignent un bouleversement de l'agriculture européenne. Bruxelles a multiplié les concessions, notamment des garanties renforcées pour les produits sensibles, sans apaiser les critiques.

Une application provisoire en attendant la CJUE

Le traité a été signé mi-janvier 2026, mais le Parlement européen a saisi la Cour de justice de l'UE pour vérifier sa légalité. En attendant une décision, qui pourrait prendre plus d'un an, la Commission a choisi d'appliquer l'accord provisoirement, une décision critiquée par la France et les agriculteurs. Ursula von der Leyen justifie ce choix par la nécessité de diversifier les partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche. L'UE a également conclu des accords avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

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