Von der Leyen en Australie pour un accord commercial malgré la colère des agriculteurs
UE-Australie: accord commercial malgré les agriculteurs

Ursula von der Leyen en mission commerciale en Océanie

Après ses déplacements en Amérique du Sud et en Inde, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, effectue une visite de trois jours en Australie du lundi au mercredi. L'objectif principal de ce déplacement est la conclusion d'un accord de libre-échange bilatéral, une initiative qui suscite déjà des tensions avec le secteur agricole européen.

Un accord aux enjeux économiques majeurs

Dans une tribune publiée dans plusieurs journaux européens, dont Ouest-France, Ursula von der Leyen a détaillé les bénéfices attendus de cet accord. « Cet accord mettra fin aux droits de douane sur la plupart des échanges entre l'UE et l'Australie et pourrait faire augmenter le PIB européen de 4 milliards d'euros d'ici à 2030 », a affirmé la cheffe de l'exécutif européen.

La dirigeante insiste particulièrement sur l'importance stratégique de l'Australie pour l'approvisionnement en matières premières critiques, notamment le lithium essentiel à la fabrication des batteries de véhicules électriques. Cependant, elle reste évasive sur les questions agricoles, pourtant au cœur des négociations difficiles entre Bruxelles et Canberra.

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Le contentieux agricole s'intensifie

Ces dernières semaines, les négociations ont buté sur la question sensible des quotas de bœuf australien importé en franchise de droits. L'Union européenne ne souhaitait pas dépasser 30 000 tonnes annuelles, tandis que l'Australie réclamait 40 000 tonnes, créant un désaccord significatif entre les deux parties.

Bruxelles cherche à éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs européens, déjà en colère contre l'accord commercial signé mi-janvier avec les pays du Mercosur. Le Copa-Cogeca, qui représente les principaux syndicats agricoles européens, a haussé le ton concernant les négociations avec l'Australie.

Pour le bœuf, la viande ovine et le sucre, « accorder des concessions disproportionnées risque de nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d'affaiblir l'engagement de longue date de l'UE en faveur de normes de production élevées », a mis en garde ce puissant lobby agricole.

Une stratégie commerciale offensive

Confrontée à la concurrence chinoise et aux droits de douane américains, l'Union européenne mène une politique active de diversification de ses partenariats commerciaux. Après l'accord avec le Mercosur, Ursula von der Leyen avait scellé un partenariat commercial avec l'Inde fin janvier, démontrant la volonté européenne d'étendre son réseau économique mondial.

Cette visite en Australie s'inscrit donc dans une stratégie commerciale globale visant à renforcer la position internationale de l'UE tout en répondant aux besoins stratégiques en matières premières essentielles à la transition énergétique.

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