Après l'Union européenne, le Royaume-Uni envisage à son tour de se doter d'un arsenal juridique pour riposter aux menaces économiques de Donald Trump. Le président américain a menacé le pays d'imposer "un gros tarif" douanier s'il ne renonce pas à sa taxe sur les services numériques. Face à cette pression, le Premier ministre Keir Starmer a été sommé par les chambres de commerce britanniques (BCC) de renforcer la protection économique du pays.
Un rapport alarmant sur la sécurité économique
Selon un rapport de la BCC relayé par The Guardian, la "sécurité économique inadéquate" du Royaume-Uni met en péril sa croissance. L'organisation estime que le pays souffre de plusieurs "années de négligence de la part des gouvernements successifs". Pour enrayer ce déclin, la BCC propose notamment de mettre en place un "bazooka commercial", officiellement appelé "instrument anti-coercition", sur le modèle de celui adopté par l'Union européenne en 2023.
Un instrument anti-coercition pour dissuader les menaces
L'instrument anti-coercition de l'UE permet de réagir en dernier recours face à un chantage économique exercé par un pays étranger. Il autorise des contre-mesures telles que des restrictions d'accès aux marchés publics et financiers, ou des limitations des droits de propriété. La BCC souhaite que Londres se dote d'un outil similaire pour dissuader d'autres puissances de menacer le pays de droits de douane.
Une "approche robuste" pour le programme Made In Europe
Au-delà de cet instrument, les chambres de commerce demandent aux ministres d'adopter une "approche robuste" vis-à-vis du programme Made In Europe, présenté le 4 mars par la Commission européenne. L'objectif est de garantir que les entreprises britanniques s'intègrent pleinement dans cet écosystème économique européen, notamment en jouant un rôle plus important dans les marchés publics de la défense du Royaume-Uni.
Le gouvernement britannique défend ses premières mesures
Le ministre britannique du Commerce, Chris Bryant, a salué le rapport tout en défendant les premières mesures prises par le gouvernement. "Nous avons déjà pris des mesures, de l'identification de huit secteurs clés dans le cadre de notre stratégie industrielle moderne au renforcement des chaînes d'approvisionnement pour réduire notre vulnérabilité aux chocs du marché", a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité de veiller à ce que "les marchés ouverts ne soient pas déformés par ceux qui tentent d'utiliser le commerce comme une arme".
Un risque d'escalade avec les États-Unis
Cependant, la mise en place de ces mesures comporte des risques. Le Royaume-Uni est déjà sous la menace américaine, et des sanctions contre des entreprises outre-Atlantique pourraient provoquer une escalade entre les deux puissances. Les États-Unis sont le plus grand partenaire commercial singulier de la Grande-Bretagne, représentant 20 % de son commerce mondial. Selon The Guardian, les entreprises américaines ont investi 640 milliards de livres sterling (environ 738 milliards d'euros) au Royaume-Uni. Par ailleurs, la Chine a menacé l'Union européenne de représailles si le plan Made In Europe était adopté sans tenir compte de ses positions.



