L'OMC en quête d'une transformation profonde pour éviter le chaos
À la veille de la prochaine conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), sa directrice générale, Ngozi Okonjo-Iweala, a lancé un avertissement sans équivoque : l'institution doit se réformer en profondeur et sans délai. « Le statu quo n'est pas une option », a-t-elle martelé lors d'une conférence de presse au siège genevois de l'organisation, soulignant que le monde se trouve à un « tournant décisif » pour le système multilatéral.
Une adaptation indispensable face aux mutations technologiques
« Le monde évolue si vite, notamment avec les avancées fulgurantes de l'intelligence artificielle et des technologies quantiques », a expliqué Ngozi Okonjo-Iweala. Elle a insisté sur le fait qu'une organisation qui ne s'adapte pas risque d'être rapidement dépassée, mettant en péril la stabilité des échanges internationaux. « Nous devons changer pour être en phase avec notre époque », a-t-elle rappelé, appelant à une modernisation urgente des structures et des processus de l'OMC.
La conférence de Yaoundé, moment clé pour les discussions
La réforme de l'OMC sera au cœur des débats de la prochaine conférence ministérielle, prévue du 26 au 29 mars à Yaoundé, au Cameroun. Cette nécessité, discutée depuis des années, a été rendue plus pressante par plusieurs facteurs :
- La paralysie, depuis 2019, de l'organe d'appel du mécanisme de règlement des différends, due au blocage des nominations de juges par les États-Unis.
- L'acte de 2022, lors d'une conférence à Genève, qui a officialisé la volonté de réforme.
- L'intensification récente des discussions, dans un contexte de tensions commerciales exacerbées par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Les risques d'un système commercial sans cadre stable
Ngozi Okonjo-Iweala a vigoureusement défendu le rôle de l'OMC, qu'elle décrit comme « le pilier d'une grande partie du commerce mondial », apportant stabilité et prévisibilité. Elle a peint un tableau alarmant des conséquences d'une disparition de ce système : « Ce serait le chaos ». Selon elle, sans règles claires, les entreprises navigueraient à l'aveugle, ignorant comment leurs marchandises seraient évaluées aux douanes, quels droits seraient appliqués, et si leurs opérations seraient rentables. « Vous serez confrontés, lorsque vos marchandises arriveront, à des règles dont vous ignoriez tout », a-t-elle mis en garde, soulignant l'importance cruciale d'un cadre multilatéral fiable pour la prospérité économique globale.



