Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, est attendu ce lundi à Bruxelles pour des discussions avec l'Union européenne. Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, profitera de l'occasion pour lui faire part des préoccupations grandissantes de l'Europe et de son souhait de rééquilibrer les échanges économiques avec Pékin.
Un déficit commercial record
Le déficit commercial de l'UE vis-à-vis de la Chine est gigantesque, dépassant désormais un milliard d'euros par jour pour les échanges de biens, selon Eurostat. S'il reste inférieur au record de 2022 (400 milliards d'euros), il a été multiplié par cinq en volume ces dix dernières années et a plus que doublé en valeur. Pour Bruxelles, cela est lié en grande partie à une concurrence déloyale de la part de la Chine, accusée de subventionner massivement ses entreprises, au risque de balayer des pans entiers de l'industrie européenne (automobile, chimie, acier…).
Réduire la dépendance aux matières premières
Pékin se défend de ces accusations, mais selon l'OCDE, de 2004 à 2025, les entreprises chinoises ont reçu en moyenne 3 à 8 fois plus de soutien public que leurs homologues basées dans ses pays membres. L'UE veut en outre réduire son énorme dépendance à la Chine pour ses approvisionnements en matières premières critiques et en semi-conducteurs. Sur ces sujets, Bruxelles dispose d'un soutien quasi unanime des 27 pays de l'UE. Mais la Commission n'a pas encore dévoilé quelles mesures elle pourrait prendre.
Menaces de rétorsion chinoises
Quelques jours avant cette visite, le chef de la mission chinoise auprès de l'UE, Cai Run, a prôné les vertus du dialogue tout en brandissant la menace de mesures de rétorsion. La Chine s'oppose à « toute mesure restrictive » qui serait prise contre ses entreprises, et « si l'UE persistait à vouloir imposer de telles dispositions, elle serait contrainte de prendre des contre-mesures, pour défendre ses intérêts légitimes », a-t-il prévenu. Mais « nous sommes tout à fait en mesure de résoudre les frictions et les désaccords économiques et commerciaux par le dialogue », a-t-il insisté, en bon diplomate.



