L'intervention américaine de 1898 : le début d'une domination néocoloniale
En 1898, les États-Unis interviennent de force dans la guerre de libération cubaine, qui avait débuté en 1895 et opposait les patriotes cubains aux partisans de la couronne espagnole. Ils justifient cette intrusion au nom de la défense de l'indépendance de l'île et de sa population, alors concentrée de force dans des zones contrôlées par le corps expéditionnaire espagnol et souvent réduite à la famine. L'armée espagnole capitule rapidement, et l'Espagne renonce à sa souveraineté sur Cuba en décembre 1898.
Une indépendance factice et soixante ans de régime fantoche
Cependant, cette indépendance se révèle rapidement illusoire. Pour les soixante années suivantes, Cuba est dirigée par un régime fantoche, généralement présidé par des hommes de paille. Ces dirigeants restent en place tant qu'ils garantissent la défense des intérêts diplomatiques, militaires et surtout économiques de Washington. Cette situation proprement néocoloniale, commune à de nombreux pays de la région, s'interrompt brutalement avec la révolution cubaine de 1959.
La révolution de 1959 et la persistance des ambitions américaines
Depuis cette révolution, Washington n'a jamais renoncé à l'idée de restaurer son influence sur l'île, si importante sur les plans géostratégique et symbolique. Les États-Unis ont déployé une série de mesures coercitives :
- Un blocus économique dès le début des années 1960.
- Une agression militaire en 1961, avec l'épisode de la baie des Cochons.
- De multiples tentatives d'assassinat des dirigeants cubains.
- Des lois extraterritoriales renforçant l'embargo.
Les fluctuations de la politique américaine : de l'apaisement à l'escalade
Après un début d'apaisement esquissé sous les administrations du président américain Barack Obama (2009-2017), les sanctions ont été rétablies et accentuées sous la première et la seconde administration de son successeur Donald Trump (2017-2021 et depuis 2025). Cette politique agressive s'est encore intensifiée récemment.
L'emballement des tensions en 2026
La situation s'est considérablement envenimée suite à l'intervention militaire états-unienne contre le Venezuela et à l'enlèvement de son président, Nicolas Maduro, et de son épouse, Cilia Flores, le 3 janvier 2026. Aux menaces à peine voilées du secrétaire d'État américain, Marco Rubio, à l'égard des autorités cubaines – qui auraient raison, selon lui, de s'inquiéter – a succédé la provocation de Donald Trump.
Le 11 janvier, Trump a partagé le message d'un utilisateur du réseau Truth Social, dans lequel il était écrit : « Marco Rubio sera le président de Cuba. » Puis, le 29 janvier, Trump a publié un décret désignant Cuba comme un danger pour la sécurité et la politique étrangère des États-Unis. Il a également menacé d'imposer des tarifs douaniers supplémentaires sur les biens importés de tout pays qui vendrait ou fournirait du pétrole à Cuba.
Cette escalade verbale et politique illustre la persistance des tensions entre les deux nations, plus d'un siècle après l'intervention initiale de 1898. L'histoire des relations entre Cuba et les États-Unis reste marquée par une volonté américaine constante d'influence, malgré la résistance cubaine et les changements de régime.



