Ukraine-Russie : échanges infructueux à Istanbul, pas de cessez-le-feu
Ukraine-Russie : échanges infructueux à Istanbul, pas de cessez-le-feu

Des discussions de paix avortées à Istanbul

Ce lundi 2 juin 2025, des délégations russe et ukrainienne se sont retrouvées à Istanbul, en Turquie, pour un deuxième cycle de pourparlers directs depuis le début du conflit en 2022. Mais les échanges, qui ont débuté avec près de deux heures de retard, ont tourné court : ils ont duré à peine une heure, sans aboutir à un cessez-le-feu concret.

Cette réunion s'est tenue au lendemain d'une attaque massive de drones ukrainiens contre des bombardiers stratégiques russes, ce qui a suscité un certain scepticisme côté russe. Des blogueurs de guerre influents appelaient Moscou à des représailles sévères. Les deux camps ont fourni des évaluations divergentes des dégâts infligés à la flotte de bombardiers, élément clé de l'arsenal nucléaire russe.

Un cessez-le-feu toujours hors de portée

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a ouvert la séance en déclarant que l'objectif était d'évaluer les conditions d'un cessez-le-feu et d'envisager une rencontre entre les présidents russe et ukrainien. Cependant, le premier vice-ministre ukrainien des Affaires étrangères, Serguiï Kyslytsia, a affirmé que la Russie avait rejeté l'offre de Kiev d'un "cessez-le-feu inconditionnel". De son côté, le négociateur en chef russe, Vladimir Medinski, a proposé un cessez-le-feu partiel de "2-3 jours" sur certains secteurs du front, une offre qualifiée de "générale" par ses soins.

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Échange de prisonniers et de corps en vue

Malgré l'absence de trêve, les deux parties ont convenu de préparer un échange de prisonniers de guerre. Le ministre ukrainien de la Défense, Roustem Oumerov, a détaillé l'accord : "Nous avons convenu d'échanger tous les prisonniers de guerre grièvement blessés et gravement malades. La deuxième catégorie comprend les jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans, sur le format tous contre tous. Nous avons également convenu de restituer 6 000 contre 6 000 corps de soldats tombés au combat."

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, s'exprimant en Lituanie, a confirmé ces préparatifs tout en réaffirmant que Vladimir Poutine ne devait rien obtenir de son invasion. "Toute récompense ne ferait que lui montrer que la guerre paye", a-t-il insisté. Par ailleurs, le chef de cabinet de Zelensky a indiqué que la délégation ukrainienne avait remis à la Russie une liste d'enfants déportés que Kiev souhaite rapatrier. Les autorités ukrainiennes affirment que des centaines d'enfants ont été déplacés de force par les forces russes, tandis que Moscou justifie ces déplacements comme une mesure de protection.

Un nouveau sommet en juin ?

Alors que cette rencontre n'a pas abouti à un cessez-le-feu, l'Ukraine a proposé une nouvelle réunion entre le 20 et le 30 juin. "Nous proposons à la partie russe d'organiser une réunion d'ici la fin du mois, entre le 20 et le 30 juin. Cela est essentiel pour faire avancer le processus de négociation", a souligné Roustem Oumerov.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau proposé de réunir en sommet les présidents russe Vladimir Poutine, ukrainien Volodymyr Zelensky et américain Donald Trump, "à Istanbul ou Ankara". "Mon plus grand souhait est de réunir Poutine et Zelensky à Istanbul ou à Ankara et d'amener Trump à leurs côtés. S'ils l'acceptent, je me joindrai à eux, afin de faire d'Istanbul un centre de paix", a-t-il déclaré à l'issue de la réunion.

Ces pourparlers, bien qu'infructueux, montrent que les canaux de communication restent ouverts, mais les positions demeurent éloignées. La communauté internationale suit de près l'évolution de la situation, alors que la guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année.

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