Au moins 42 personnes ont perdu la vie samedi 25 avril dans la sous-préfecture de Guéréda, dans l'est du Tchad, après qu'une dispute autour d'un puits a dégénéré en affrontement meurtrier entre deux familles. Ce drame illustre une fois de plus la violence des tensions liées à l'accès à l'eau dans cette région.
Un conflit meurtrier pour un point d'eau
Le délégué du gouvernement auprès de la province du Wadi Fira, Brahim Issa Galmaye, a annoncé dimanche à l'AFP qu'au moins 42 personnes avaient été tuées dans cet affrontement. "Le conflit a éclaté suite à une dispute autour d'un puits entre deux familles vivant sur ce territoire", a-t-il déclaré. "La situation est maîtrisée et reste sous contrôle", a affirmé dans la soirée à la télévision publique Limane Mahamat, vice-Premier ministre chargé de l'Administration du territoire et de la décentralisation. Ces déclarations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Tensions récurrentes entre éleveurs et cultivateurs
Depuis plusieurs années, l'Est tchadien, zone de migration et région stratégique à la frontière avec le Soudan en guerre, est en proie à des conflits entre différentes communautés, principalement entre cultivateurs autochtones sédentaires et éleveurs nomades arabes. Le Tchad s'inscrit dans une chaîne de tensions régionales plus large. Le pays est ainsi fréquemment affecté par des épisodes de violences intercommunautaires, notamment dans certaines zones rurales où les conflits liés aux terres, au bétail et à l'accès à l'eau prennent parfois une tournure meurtrière.
Les conflits agro-pastoraux ont fait plus d'un millier de morts et 2 000 blessés entre 2021 et 2024, selon les estimations de l'ONG International Crisis Group. Ce dernier drame souligne l'urgence de trouver des solutions durables pour la gestion des ressources en eau et la résolution pacifique des différends dans cette région vulnérable.



