Les Samaritains : une microsociété neutre près de Naplouse en pleine guerre
Samaritains : microsociété neutre près de Naplouse

Près de Naplouse, en Cisjordanie, une communauté vieille de plusieurs millénaires continue de vivre selon ses traditions, en marge du conflit israélo-palestinien. Les Samaritains, qui ne sont ni juifs ni musulmans, forment une microsociété neutre, attachée à ses rites et à sa langue ancienne. Avec seulement quelques centaines de membres, ils préservent un mode de vie unique, basé sur le respect de la Torah samaritaine et une coexistence pacifique avec leurs voisins.

Une histoire de résilience

Les Samaritains se considèrent comme les descendants des tribus d'Éphraïm et de Manassé. Leur centre religieux est le mont Garizim, qu'ils considèrent comme le lieu choisi par Dieu, contrairement aux Juifs qui vénèrent Jérusalem. Malgré les persécutions et les conversions forcées au fil des siècles, ils ont maintenu leur identité. Aujourd'hui, ils vivent principalement dans deux enclaves : l'une à Holon, près de Tel Aviv, et l'autre à Kiryat Luza, sur le mont Garizim, près de Naplouse.

Une neutralité fragile

Dans le contexte de l'occupation israélienne et de l'Autorité palestinienne, les Samaritains ont choisi la neutralité. Ils possèdent des passeports israéliens et palestiniens, et entretiennent des relations avec les deux camps. Cette position est délicate, car elle les expose à des suspicions des deux côtés. Cependant, leur petit nombre et leur rôle de médiateurs culturels leur permettent de préserver une certaine paix. Leur fête de la Pâque, célébrée sur le mont Garizim, attire des visiteurs du monde entier et symbolise leur ouverture.

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Des traditions vivantes

La communauté samaritaine observe strictement les commandements de la Torah, y compris les sacrifices d'animaux lors de la Pâque, une pratique abandonnée par les Juifs depuis la destruction du Temple. Leur calendrier est basé sur l'observation de la lune, et leurs prêtres, issus de la famille Cohen, jouent un rôle central. La transmission de la langue hébraïque ancienne et des manuscrits est une priorité. Malgré la modernité, les jeunes Samaritains sont encouragés à épouser des membres de la communauté, bien que des mariages mixtes avec des femmes étrangères soient parfois acceptés pour éviter la consanguinité.

Défis contemporains

La communauté fait face à des défis démographiques et économiques. L'émigration vers Israël ou l'étranger réduit le nombre de membres. De plus, la pression du conflit environnant rend la vie quotidienne difficile. Les Samaritains doivent souvent traverser des checkpoints et subir des restrictions de mouvement. Pourtant, ils continuent à cultiver leurs terres et à pratiquer leur artisanat, notamment la production de vin et d'huile d'olive. Leur situation est un exemple de résistance culturelle et de coexistence dans une région déchirée par la guerre.

En somme, les Samaritains de Naplouse incarnent une minorité religieuse qui a su préserver son identité et sa neutralité au cœur d'un conflit qui dure depuis des décennies. Leur histoire est un témoignage de la diversité et de la complexité du Moyen-Orient.

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