L'ouragan Melissa, de catégorie 5 avec des vents atteignant 280 km/h, doit frapper la Jamaïque ce mardi 28 octobre, après avoir déjà causé au moins sept morts dans les Caraïbes. Les autorités redoutent des inondations majeures et des glissements de terrain, tandis que la lente progression du phénomène accroît les risques. Le pays a ouvert 881 abris pour faire face à ce qui pourrait être l'ouragan le plus violent de son histoire récente.
Un bilan humain déjà lourd
Selon les autorités locales, trois personnes ont trouvé la mort en Jamaïque alors qu'elles se préparaient à l'arrivée de l'ouragan, en coupant des branches et en travaillant sur des échelles. En Haïti et en République dominicaine, au moins quatre autres décès ont été signalés. S'il ne perd pas en intensité, il s'agira du plus puissant ouragan à toucher terre en Jamaïque depuis le début des suivis météorologiques.
Des vents potentiellement mortels
Le centre américain des ouragans (NHC) anticipe des bourrasques "potentiellement mortelles", des inondations et des ravages d'une ampleur comparable à ceux causés par les ouragans Maria en 2017 ou Katrina en 2005. "Ne sortez pas", insiste le NHC. Le Premier ministre Andrew Holness a alerté sur des risques de dégâts particulièrement importants dans l'ouest du pays. "Je ne pense pas qu'une seule infrastructure de cette région puisse résister à un ouragan de catégorie 5, donc il pourrait y avoir d'importantes destructions", a-t-il déclaré sur CNN, appelant les habitants à évacuer les zones les plus à risques.
Des habitants réticents à évacuer
De nombreux habitants refusent de suivre les consignes d'évacuation. "Je ne veux tout simplement pas partir", explique Jennifer Ramdial, une pêcheuse rencontrée à Port-Royal. "Même s'il était de catégorie 6, je ne bougerais pas", abonde Roy Brown, un plombier-carreleur. Selon lui, nombre de personnes ont refusé de fuir en raison de mauvaises expériences passées dans les abris anti-ouragans. Des vidéos générées par IA minimisant la menace de l'ouragan ont envahi les réseaux sociaux, avec des habitants faisant la fête ou du jet ski. "Je vois toutes ces vidéos circuler. Beaucoup d'entre elles sont fausses", a réagi Dana Dixon, la ministre de l'Information.
Une progression lente qui aggrave les risques
L'ouragan Melissa évolue à une vitesse très basse, de 4 km/h, ce qui signifie que les pluies torrentielles et vents puissants pourraient s'éterniser. Les sols sont déjà gorgés d'eau après des pluies des semaines précédentes, aggravant les risques de glissements de terrain. Le climatologue Daniel Gilford souligne que le changement climatique aggrave "tous les aspects les plus néfastes de l'ouragan Melissa", entraînant des précipitations et des submersions côtières plus importantes.
Les prochaines étapes
Melissa devrait ensuite toucher Cuba mercredi, où les autorités ont commencé à fermer des écoles et à évacuer des habitants, alors que le manque d'électricité empêche la bonne diffusion des messages d'alerte. Continuant sa route vers le nord, l'ouragan pourrait après toucher le sud des Bahamas et l'archipel des îles Turques-et-Caïques.



