Maroc : lourdes peines dans l'affaire du « Pablo Escobar du Sahara »
Maroc : peines alourdies dans l'affaire du narcotrafiquant

La cour d'appel de Casablanca a prononcé, jeudi 26 juin, de lourdes peines de prison dans l'affaire dite du « Pablo Escobar du Sahara », un vaste dossier de trafic de drogue impliquant des dizaines de personnes, dont des fonctionnaires et des membres des forces de l'ordre. Le principal accusé, El Houssein Ould A., surnommé ainsi par les médias, a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Initialement, en première instance, il avait écopé de 15 ans de prison. Les juges ont également alourdi les peines de plusieurs autres prévenus.

Un réseau tentaculaire démantelé

Cette affaire, qui a défrayé la chronique au Maroc, repose sur un réseau de trafic de cannabis et de cocaïne opérant dans le Sahara marocain et au-delà. Selon l'acte d'accusation, les trafiquants utilisaient des véhicules tout-terrain et des drones pour acheminer la drogue vers l'Europe. Le parquet avait requis des peines sévères, soulignant l'ampleur du trafic et les ramifications du réseau au sein de l'administration. Au total, 28 personnes ont été condamnées, avec des peines allant de 2 à 20 ans de prison.

Des peines alourdies en appel

La cour d'appel a aggravé les sanctions pour plusieurs accusés. Un ancien fonctionnaire de la douane a vu sa peine passer de 5 à 10 ans de prison. Un autre prévenu, considéré comme un lieutenant du chef du réseau, a été condamné à 18 ans, contre 12 ans en première instance. « La justice a montré sa fermeté face à ce fléau qui gangrène notre société », a déclaré Me Ahmed, avocat d'une partie civile, cité par l'agence de presse marocaine MAP. Les avocats de la défense ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation.

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Un trafic estimé à plusieurs millions d'euros

Selon les enquêteurs, le réseau aurait généré des profits de plusieurs millions d'euros. Les saisies ont porté sur des cargaisons de cocaïne et de cannabis, ainsi que sur des biens immobiliers et des véhicules de luxe. L'affaire a mis en lumière la corruption de certains agents publics, qui facilitaient le transit de la drogue en échange de pots-de-vin. Le ministre de l'Intérieur marocain avait salué le travail des services de sécurité, qualifiant cette opération de « coup dur porté aux réseaux de narcotrafiquants internationaux ».

Un symbole de la lutte antistupéfiants

Ce procès est considéré comme un test pour la justice marocaine dans sa lutte contre le narcotrafic. Le pays, qui est l'un des principaux producteurs de cannabis au monde, tente de renforcer son arsenal juridique et répressif. En 2024, le Maroc a adopté une loi encadrant l'usage thérapeutique du cannabis, mais reste inflexible face au trafic illicite. Les peines prononcées en appel envoient un message fort aux trafiquants, selon les observateurs. L'affaire « Pablo Escobar du Sahara » a également attiré l'attention sur les routes de la drogue traversant le Sahel, où les groupes terroristes tirent profit de ce commerce.

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