Dans son dernier essai intitulé «Régressions» (éditions Verdier), le philosophe Marc Crépon, professeur à Normale sup, s'alarme avec justesse du retour des «forces de la nuit», ces organisations réactionnaires qui prônent une violence débridée. Cependant, en 260 pages, l'auteur omet de placer Israël dans le même panier que les autres nations pourtant critiquées.
Un silence éloquent
Crépon énumère les pays où la réaction avance : «des États-Unis au Brésil, en passant par l'Argentine, la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne, la Roumanie, les pays scandinaves, la Grande-Bretagne, l'Italie, la France, etc.». Mais Israël, gouverné par une extrême droite violente et illibérale, n'est pas mentionné. Plus loin, l'auteur dresse une liste des nations «régressives» sans y inclure l'État hébreu. De même, dans le chapitre sur les pays «expansionnistes» (Russie, Chine, États-Unis) qui ont pratiqué la torture, Israël est absent.
Un cas à part ?
Cette omission interroge. Pourquoi un philosophe aussi rigoureux que Marc Crépon semble-t-il faire exception pour Israël ? Est-ce un oubli involontaire ou une décision délibérée ? L'essai, par ailleurs salué pour sa lucidité, laisse planer un doute sur la cohérence de son analyse face à la réalité politique israélienne.
L'article, publié dans BibliObs, invite à se demander si Israël est un cas à part dans la critique des régressions réactionnaires. Une question qui mérite d'être posée, alors que le pays connaît une dérive autoritaire sous le gouvernement actuel.



