Mali : Assimi Goïta consolide son pouvoir par étapes
Mali : Assimi Goïta consolide son pouvoir

Le colonel Assimi Goïta, à la tête du Mali depuis 2020, a méthodiquement consolidé son pouvoir, passant de chef de junte à président de transition. Cette ascension s'est faite par étapes, entre coups d'État, réformes et élimination de rivaux.

Premier coup d'État : août 2020

Le 18 août 2020, des militaires, menés par le colonel Goïta, renversent le président Ibrahim Boubacar Keïta, accusé de mauvaise gestion et de corruption. Cette action est motivée par une contestation populaire massive. Une junte, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), est formée. Goïta en devient le vice-président, mais le pouvoir réel lui appartient.

Deuxième coup d'État : mai 2021

En mai 2021, Goïta orchestre un second putsch. Il destitue le président de transition Bah N'Daw et le Premier ministre Moctar Ouane, qu'il accuse de vouloir écarter l'armée du processus de transition. Cette fois, Goïta s'autoproclame président de transition, renforçant ainsi son emprise sur l'État.

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Réformes constitutionnelles et consolidation

Pour légitimer son pouvoir, Goïta engage des réformes. En 2023, une nouvelle Constitution est adoptée par référendum, renforçant les pouvoirs du président et réduisant ceux du Premier ministre. Ce texte permet à Goïta de se présenter aux élections futures sans avoir à organiser un scrutin dans l'immédiat. Il repousse ainsi les échéances électorales, sous prétexte de stabilisation sécuritaire.

Élimination des rivaux et contrôle des institutions

Goïta écarte systématiquement les figures militaires ou politiques qui pourraient lui faire de l'ombre. Il place des fidèles aux postes clés, notamment à la tête de l'armée et de la justice. Les médias d'opposition sont réduits au silence, et les manifestations réprimées.

Sécurité et alliances internationales

Sur le plan sécuritaire, Goïta rompt avec la France, accusée de néocolonialisme, et se rapproche de la Russie, via le groupe Wagner. Il justifie cette alliance par la nécessité de lutter contre les groupes djihadistes. Cette politique lui permet de renforcer son image de leader souverainiste.

Ainsi, en moins de six ans, Assimi Goïta a réussi à transformer un coup d'État en un pouvoir présidentiel durable, malgré les pressions internationales et les défis sécuritaires.

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