Un pouvoir contesté mais solide
Depuis son coup d'État en 2020, le colonel Assimi Goïta s'est imposé comme l'homme fort du Mali. Mais derrière une apparente stabilité, la junte est ébranlée par des divisions internes et une opposition croissante. Pourtant, Goïta, surnommé le "roi du silence", conserve un contrôle ferme sur le pays.
Les fissures de la junte
Des sources proches du pouvoir rapportent des tensions entre les différents chefs militaires. Certains officiers, mécontents de la gestion de la transition, auraient tenté de s'opposer à Goïta. Mais ce dernier a su les écarter discrètement, sans faire de vagues. Le silence est son arme principale : il ne commente jamais les rumeurs de putsch ou les critiques internationales.
Une opposition réprimée
La société civile malienne paie le prix fort. Les arrestations arbitraires se multiplient, les médias sont muselés et les manifestations interdites. Les leaders d'opposition, comme certains religieux ou syndicalistes, sont régulièrement emprisonnés. Goïta justifie ces mesures par la nécessité de maintenir l'ordre face à la menace djihadiste.
La question de la légitimité
La junte promet des élections depuis 2022, mais les reports successifs créent un sentiment de lassitude. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a imposé des sanctions, mais sans effet réel. Goïta joue la montre, sachant que la communauté internationale n'a pas de solution de rechange. Il mise aussi sur le soutien de la Russie, via le groupe Wagner, pour sécuriser son pouvoir.
Un avenir incertain
Si Goïta semble indéboulonnable à court terme, les fragilités s'accumulent. La crise économique, l'insécurité et l'isolement diplomatique pourraient à terme saper son autorité. Mais en attendant, le "roi du silence" continue de régner, sans bruit mais avec une main de fer.



