Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'irréversible le processus de restitution des biens culturels spoliés durant la période coloniale, à l'occasion du sommet Afrique-France à Nairobi. Le mouvement de restitution par la France des œuvres pillées durant la colonisation, notamment en Afrique, est « inarrêtable » après avoir été consacré dans une loi, a assuré lundi le président français Emmanuel Macron, promettant qu'il lui survivra même si son successeur veut « aller vers le repli ».
Un cadre législatif consolidé
« Je crois qu'on a construit quelque chose d'irréversible et d'inarrêtable », a lancé Emmanuel Macron au premier jour d'un sommet Afrique-France à Nairobi, au Kenya. « Quand bien même arriverait en France quelqu'un qui voudrait revenir sur les restitutions, je crois qu'il n'y arriverait pas (...) même tous les gens qui font souffler les vents mauvais et qui veulent aller vers le repli », a-t-il ajouté, à un an de la fin de son mandat présidentiel. À ces derniers, il a lancé : « Trop tard ! Ne vous emballez pas, trop tard ! » Il a fustigé ceux qui avaient initialement résisté à cette loi en disant que c'était « de la repentance ».
Les premières restitutions
Emmanuel Macron a promulgué samedi, juste avant ce sommet, une loi-cadre française facilitant la restitution des œuvres pillées durant la colonisation, réclamée depuis des années en Afrique et adoptée à l'unanimité par le Parlement français. Il s'agissait d'une promesse qu'il avait faite dès le début de sa présidence en 2017 à Ouagadougou, au Burkina Faso. Neuf ans plus tard, les restitutions se comptent sur les doigts d'une main : en 2020 d'abord, 26 trésors d'Abomey ont été rendus au Bénin et le sabre d'El Hadj Omar au Sénégal, puis début 2026 un « tambour parleur » confisqué à la Côte d'Ivoire depuis 1916, le « Djidji Ayokwe ».
La loi devrait permettre d'en faciliter de nouvelles. « C'est le début d'un échange (...) Beaucoup d'autres restitutions vont continuer sur la base de cette loi-cadre », a insisté Emmanuel Macron. Alors qu'il laisse planer le doute sur ce qu'il fera une fois qu'il aura quitté le pouvoir dans un an, il a promis de poursuivre ce « combat » aux côtés des Africains, « dans d'autres oripeaux » et avec « d'autres habits ».



