Des ouvriers inspectent méticuleusement du minerai dans une mine de tungstène exploitée par Trinity Metals Group, située au nord-ouest de Kigali, la capitale rwandaise. Cette scène, capturée le vendredi 23 mai 2025, illustre une réalité économique en pleine transformation.
Une prédiction audacieuse devenue réalité
Il aurait fallu une vision particulièrement inspirée, il y a une dizaine ou une quinzaine d'années, pour anticiper que le secteur minier – souvent perçu comme archaïque et lourd de conséquences sociales et environnementales – allait s'imposer comme un axe majeur du développement économique du continent africain. Cette métamorphose est aujourd'hui une évidence, portée par une demande vertigineuse en métaux.
La triple révolution qui alimente la demande
Trois grandes tendances mondiales sont à l'origine de cette ruée vers les ressources minières : la digitalisation accélérée des économies, l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle et, surtout, la transition énergétique vers des sources renouvelables. Ces transformations nécessitent des quantités colossales de métaux dits « stratégiques » ou « critiques », comme le lithium, le cobalt, le cuivre ou les terres rares.
Les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie sont sans appel : la demande mondiale pour ces matériaux essentiels devrait quadrupler d'ici à l'horizon 2040. Cette anticipation se traduit déjà sur les marchés par une envolée des prix et une compétition internationale qui ne cesse de s'aiguiser.
Mining Indaba : l'effervescence minière à son paroxysme
C'est dans ce contexte de frénésie que s'ouvre, lundi 9 février, la principale conférence minière africaine, le « Mining Indaba ». Cet événement annuel, organisé au Cap, en Afrique du Sud – un géant minier historique –, bat son plein dans une atmosphère d'optimisme et d'attentes démesurées.
« Les mines sont de nouveau sexy », s'enthousiasme sans ambages Menzi Ndhlovu, analyste senior et fin connaisseur du secteur chez Signal Risk, à Johannesburg. Selon son analyse, l'édition 2026 de ce raout, qui rassemble traditionnellement entreprises, gouvernements, experts et organisations non gouvernementales, fait l'objet d'« intérêts bouillonnants ».
Une affluence record attendue
L'organisation de la conférence anticipe une participation massive, avec plus de 10 000 participants attendus. Ce chiffre impressionnant témoigne de l'attractivité renouvelée du secteur, même si les organisateurs n'ont pas précisé si cela représentait une hausse par rapport aux éditions précédentes.
Le Mining Indaba se positionne ainsi comme la plaque tournante où se négocient les alliances, où s'échangent les innovations et où se dessine l'avenir minier du continent. Les discussions porteront inévitablement sur les défis à relever : comment concilier exploitation intensive et responsabilité environnementale, comment garantir des retombées équitables pour les populations locales, et comment sécuriser les chaînes d'approvisionnement dans un monde géopolitiquement tendu.
L'Afrique, avec son sous-sol riche et encore partiellement exploré, se trouve à un carrefour décisif. La ruée vers ses métaux critiques pourrait bien être le moteur d'une nouvelle ère de prospérité, à condition que cette manne soit gérée avec sagesse et équité.