Guerre en Ukraine : l'UE sceptique face à la proposition de médiation de Poutine
Guerre en Ukraine : l'UE sceptique face à Poutine

Le fait du jour

Après la proposition du président russe Vladimir Poutine de nommer l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder comme médiateur dans la guerre en Ukraine, évoquant même la possibilité que le conflit « touche à sa fin », les dirigeants européens se sont montrés pour le moins sceptiques ce lundi.

« Gerhard Schröder a été lobbyiste pour les entreprises publiques russes, donc on voit clairement pourquoi Poutine veut que ce soit lui. Il ne serait pas très sage de donner à la Russie le droit de désigner un négociateur en notre nom », a réagi la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas.

Le ministre allemand de la Défense a, lui, suspecté que les propos de Vladimir Poutine étaient un « leurre ». « S'il voit la fin de cette guerre approcher, pourquoi n'y met-il pas simplement un terme ? Il serait alors en contrôle du calendrier », a estimé Boris Pistorius depuis Kiev, relevant que Poutine avait l'habitude de « jouer avec des cartes truquées » à chaque fois qu'il a pu être question de trêve en Ukraine.

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Selon Boris Pistorius, le président russe, confronté à des pertes militaires croissantes et des gains territoriaux faibles, « cherchait à détourner l'attention de ses propres faiblesses ».

La déclaration du jour

« La dynamique de la guerre change »

Les propos sont signés Kaja Kallas. La cheffe de la diplomatie de l'UE estime ce lundi que la dynamique du conflit était en train de « changer » en faveur de l'Ukraine. « L'Ukraine se trouve dans une bien meilleure position qu'il y a un an », a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse.

Elle a notamment évoqué « les pertes record de Moscou sur le champ de bataille », les « frappes profondes » menées par Kiev en territoire russe et les modestes commémorations du 9 mai 1945 dans la capitale russe samedi dernier, sans équipement militaire. Le président russe Vladimir Poutine n'a « jamais été dans une telle position de faiblesse », a martelé Kaja Kallas.

Le chiffre du jour

24. C'est le nombre de personnes (16) et d'organisations russes (7) sanctionnés pour avoir transféré de force des enfants ukrainiens en Russie ou dans les territoires ukrainiens occupés, annonce ce lundi l'Union européenne. Parmi les organismes visés, des structures liées au ministère russe de l'Education et accusées d'endoctrinement, d'enseignement idéologique et de militarisation des mineurs. Ils font l'objet d'un gel des avoirs en Europe. Et les personnes sanctionnées n'ont pas le droit de se rendre dans l'Union européenne.

« Depuis le début de la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, près de 20.500 enfants ukrainiens » auraient été « transférés de force », a dénoncé l'UE. Selon un responsable européen, quelque 210 sites auraient été identifiés en Crimée et en Russie, notamment en Sibérie, où seraient menées ces opérations de « désukrainisation » et « d'effacement culturel ».

A ce stade, environ 2.100 enfants auraient été rendus à leurs familles, dont une centaine grâce à la médiation internationale, selon la même source, anonymement.

La tendance

Zelensky dit qu'il n'y a « aucun silence » sur le front en Ukraine malgré le cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis.

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