Selon le dernier rapport des Nations unies sur l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI) publié ce lundi 21 juillet, 733 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025, soit une baisse de 20 millions par rapport à 2024. Cependant, l'objectif d'éradication de la faim d'ici 2030, fixé par les Objectifs de développement durable (ODD), reste hors d'atteinte.
« La communauté internationale ne s'est jamais mobilisée comme elle aurait dû pour éradiquer la faim », a déclaré le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans un communiqué. « Nous avons les moyens, les connaissances et les ressources pour y parvenir, mais il nous manque la volonté politique et les investissements nécessaires. »
Progrès inégaux selon les régions
Le rapport montre des disparités régionales marquées. En Asie, le nombre de personnes sous-alimentées a diminué de 15 millions, atteignant 380 millions. En Afrique, en revanche, la faim a augmenté de 10 millions, touchant désormais 282 millions de personnes. L'Amérique latine et les Caraïbes ont enregistré une baisse de 5 millions, à 41 millions.
« Les conflits, les chocs climatiques et les ralentissements économiques restent les principaux moteurs de l'insécurité alimentaire », souligne le rapport. La guerre en Ukraine continue d'affecter les marchés mondiaux des céréales, tandis que le phénomène El Niño a exacerbé les sécheresses en Afrique de l'Est et en Amérique centrale.
Insécurité alimentaire modérée ou grave
Au-delà de la faim aiguë, le rapport estime que 2,33 milliards de personnes ont connu une insécurité alimentaire modérée ou grave en 2025, soit une légère baisse par rapport à 2,38 milliards en 2024. L'insécurité alimentaire modérée signifie que les personnes n'ont pas un accès régulier à une alimentation suffisante et nutritive.
« Nous devons transformer nos systèmes agroalimentaires pour les rendre plus résilients, inclusifs et durables », a déclaré le directeur général de la FAO, Qu Dongyu. « Cela nécessite des investissements massifs dans l'agriculture durable, la protection sociale et la réduction des pertes et gaspillages alimentaires. »
Investissements insuffisants
Le rapport souligne que les investissements dans la sécurité alimentaire restent insuffisants. Selon les estimations, il faudrait 40 milliards de dollars par an pour atteindre l'ODD 2 (éliminer la faim), mais les financements actuels ne couvrent qu'un tiers de ce montant. « Les pays donateurs doivent honorer leurs engagements et les pays en développement doivent prioriser l'agriculture dans leurs budgets nationaux », insiste le rapport.
Par ailleurs, la malnutrition sous toutes ses formes reste préoccupante : 148 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent d'un retard de croissance, 45 millions d'émaciation (maigreur excessive) et 39 millions de surpoids. L'anémie touche 30 % des femmes en âge de procréer.
Appel à l'action
À l'approche du sommet sur les systèmes alimentaires de 2026, les agences onusiennes appellent les gouvernements à prendre des mesures urgentes. « Nous ne pouvons pas accepter que la faim persiste dans un monde d'abondance », a déclaré le secrétaire général de l'ONU. « Chaque année de retard condamne des millions de personnes à une vie de souffrance et de privation. »



