De notre envoyé spécial à Vienne (Autriche), mardi, le groupe Lelek, représentant la Croatie avec la chanson Andromeda, s’est qualifié à l’issue de la première demi-finale pour la finale de l’Eurovision samedi. Mais un post du diffuseur israélien leur a gâché la fête.
Des tatouages traditionnels moqués
Les cinq chanteuses arborent sur le visage et les bras des (faux) tatouages évoquant les « sicanje », des tatouages traditionnels, importants dans la culture balkanique. KAN, l’équivalent de France Télévisions en Israël, a cru bon de faire un trait d’humour à ce sujet en postant sur son compte Instagram une image de la performance croate et en ajoutant ce commentaire : « Quand tu exagères avec les tatouages au henné à Eilat [une ville israélienne] ».
La publication a été supprimée
Ce mercredi après-midi, le groupe croate a réagi dans une story Instagram : « Nous sommes dérangées par le commentaire du diffuseur israélien KAN moquant notre culture et les sacrifices faits par des femmes catholiques opprimées. Il est particulièrement dérangeant de tourner en dérision des femmes chantant la douleur et les souffrances féminines tout en montrant un total manque d’empathie et de respect pour la souffrance des autres. »
La chaîne KAN a depuis supprimé sa publication, sans faire de commentaire. L’Union européenne de radiotélévision (UER), qui chapeaute le concours, n’a pas non plus livré de réaction officielle.
Contexte historique des tatouages
La chanson de Lelek et leurs tatouages ont précédemment suscité la controverse en Turquie. Sous la domination ottomane, les adolescentes catholiques des actuelles Croatie et Bosnie-Herzégovine se faisaient ces tatouages pour échapper aux mariages forcés et aux conversions imposées à l’islam qu’elles redoutaient.



