Ebola en RDC : l'OMS multiplie les alertes
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté ce mardi 19 mai sur « l'ampleur et la rapidité » de l'épidémie d'Ebola qui frappe la République démocratique du Congo (RDC). Selon les autorités congolaises, l'épidémie a déjà causé 131 décès estimés et 513 cas suspects.
Urgence de santé publique de portée internationale
Dimanche, l'OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), son deuxième niveau d'alerte le plus élevé. Tedros Adhanom Ghebreyesus a précisé ne pas avoir pris cette décision à la légère. La RDC est actuellement frappée par le variant Bundibugyo d'Ebola, contre lequel il n'existe aucun vaccin. Jusqu'à présent, 30 cas ont été confirmés dans la province septentrionale de l'Ituri. L'Ouganda a également signalé deux cas confirmés à Kampala, dont un décès, chez des personnes ayant voyagé depuis la RDC.
Raisons d'inquiétude
Le chef de l'OMS a souligné plusieurs motifs d'inquiétude : des cas signalés dans les villes de Kampala et Goma, des décès parmi les personnels de santé indiquant une transmission associée aux soins, et d'importants mouvements de population dans la région. La province de l'Ituri est extrêmement instable sur le plan sécuritaire, avec plus de 100 000 personnes déplacées en raison de l'intensification du conflit. L'OMS examine quels vaccins candidats et traitements pourraient être utilisés pour juguler l'épidémie, qui pourrait durer longtemps, une précédente épidémie ayant duré deux ans.
Réactions en RDC et à l'international
Le président congolais Félix Tshisekedi a appelé la population au calme et a instruit le gouvernement à mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte sanitaire. Aux États-Unis, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont annoncé un renforcement des contrôles sanitaires aux frontières pour les voyageurs en provenance des pays touchés, ainsi qu'une restriction temporaire des visas pour les étrangers ayant voyagé en Ouganda, en RDC ou au Soudan du Sud au cours des 21 derniers jours. Un médecin missionnaire américain a contracté le virus en RDC et doit être transféré en Allemagne pour y être soigné. Cependant, Matthew Kavanagh, directeur du Center for Global Health Policy and Politics à l'Université de Georgetown, juge la réponse américaine décevante, estimant que les contrôles aux frontières relèvent plus du théâtre que de mesures de santé publique efficaces.



