La scission au sein de la Région Grand Est, proposée par des députés, suscite des réactions en chaîne. Jean-Luc Davezac, figure du mouvement Bastir Occitanie, prend position dans une tribune publiée par Midi Libre. Il y affirme la légitimité de l'autonomie alsacienne et évoque d'autres évolutions territoriales possibles, notamment pour le Pays catalan.
Un retour à une Alsace distincte
Le retour à une Région Alsace distincte de la Région Grand Est, engagé à l'Assemblée nationale il y a quinze jours, repose sur une légitimité historique et culturelle évidente, selon Jean-Luc Davezac. Il réfute l'argument d'une région "trop petite" : partout dans le monde, les entités territoriales varient fortement en taille. En Allemagne ou aux États-Unis, certaines sont minuscules quand d'autres sont immenses, sans que cela pose problème. Il suffit de comparer les lands de Berlin ou de Hambourg avec l'immense Bavière.
Un rééquilibrage territorial nécessaire
Pour Jean-Luc Davezac, un rééquilibrage territorial est nécessaire en France pour limiter le centralisme parisien, néfaste au développement des régions. La grande taille de l'actuelle Occitanie peut même être un atout si elle permet des coopérations interrégionales efficaces, notamment pour des projets culturels ou économiques. C'est dans ce sens que Bastir Occitanie et les autres groupes occitans trouvent légitime que l'Alsace devienne autonome et ils imaginent d'autres évolutions territoriales cohérentes : la Bretagne complète avec son cinquième département (Nantes), ou la création d'une région Savoie bien distincte de l'aberrante Auvergne-Rhône-Alpes, les Savoisiens n'étant en rien auvergnats.
Accroître l'autonomie des régions
Jean-Luc Davezac insiste : "Accroître l'autonomie des régions ne relève pas d'une logique séparatiste, mais vise au contraire à renforcer leur prospérité et leur capacité d'action au sein de l'ensemble national." Il dénonce le centralisme actuel qui tend à concentrer les richesses et les opportunités au détriment des territoires dits "de province", alimentant un sentiment d'injustice et d'abandon. La réforme territoriale récente, bien qu'ayant apporté des avancées comme la réunification de la Normandie ou la consolidation de l'Occitanie, reste déconnectée des réalités locales et parfois contre-productive, car elle a été faite par une bureaucratie parisienne déconnectée des réalités territoriales.
L'hypothèse d'un territoire catalan autonome
Certaines questions identitaires ou territoriales, comme celle du Pays catalan, peuvent légitimement être débattues au niveau local. Dans tous les cas, il appartient aux habitants concernés de décider de leur avenir, dans le respect des réalités historiques et culturelles. Rappelons que, lors de la consultation citoyenne sur le nom de notre région, Bastir Occitanie avait milité pour Occitanie ou Occitanie – Pays catalan. La pertinence de régions fondées sur une réalité culturelle ou historique a également influé sur les régionales de 2021. La liste Bastir Occitanie avait alors évoqué la possibilité pour la majeure partie du département des Pyrénées-Orientales l'hypothèse d'un territoire catalan autonome. Culturellement, historiquement l'identité de ce territoire est catalane et non occitane.
Jean-Luc Davezac conclut en appelant à insuffler une véritable dynamique économique, fondée sur des bassins de vie cohérents, souvent liés à l'histoire et à la culture, et à rendre aux régions une prospérité confisquée par les jacobins depuis plus de deux siècles.



