Commémoration du 8 mai 1945 en Algérie : la ministre aurait aussi pu aller au Vietnam, à Madagascar, au Sénégal
La ministre française des Outre-mer, déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, s'est rendue en Algérie pour commémorer le 8 mai 1945, date des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata. Ce choix a suscité des réactions, certains estimant que d'autres lieux auraient été tout aussi symboliques.
Un geste fort mais contesté
La présence de la ministre à cette cérémonie visait à reconnaître les violences commises par l'armée française contre des manifestants algériens réclamant l'indépendance. Cependant, des voix critiques soulignent que d'autres événements similaires se sont produits dans les colonies françaises, comme au Vietnam, à Madagascar ou au Sénégal, où des répressions sanglantes ont également eu lieu.
Le Vietnam, par exemple, a connu le massacre de Haiphong en 1946, où des bombardements français ont fait des milliers de victimes. À Madagascar, la répression de l'insurrection de 1947 a causé la mort de dizaines de milliers de Malgaches. Au Sénégal, le massacre de Thiaroye en 1944 a vu des tirailleurs sénégalais abattus pour avoir réclamé leur solde.
Un devoir de mémoire élargi
Pour certains historiens, la commémoration en Algérie est importante, mais elle ne doit pas occulter les autres tragédies coloniales. Un devoir de mémoire plus large s'impose, incluant tous les peuples ayant souffert de la colonisation française. La ministre aurait pu choisir un autre lieu pour envoyer un signal d'apaisement et de reconnaissance des crimes coloniaux.
Le gouvernement français a multiplié les gestes envers l'Algérie, mais les relations restent complexes. Cette commémoration s'inscrit dans un processus de réconciliation, mais elle soulève la question de la sélectivité de la mémoire officielle.
En conclusion, si le choix de l'Algérie est compréhensible en raison de l'ampleur des événements de 1945, il aurait été pertinent d'élargir le spectre des commémorations à d'autres anciennes colonies. La ministre aurait pu, par exemple, se rendre au Vietnam, à Madagascar ou au Sénégal pour honorer toutes les mémoires blessées par la colonisation française.



