Polémique à Villenave-d'Ornon : un élu compare un quartier à l'Ukraine en guerre
Polémique : un élu compare un quartier à l'Ukraine en guerre

Une comparaison jugée insultante en pleine campagne électorale

Une vive polémique a éclaté à Villenave-d'Ornon suite aux déclarations de Jacques Reynaud, conseiller municipal de Bègles et conseiller départemental Place publique. Lors d'un meeting de Stéphanie Anfray, tête de liste PS, mercredi 4 mars, il a comparé le quartier du Bocage, un vaste ensemble d'immeubles collectifs construit à la fin des années 2010, « au fin fond de l'Ukraine après quatre ans de guerre ». Cette analogie visait à dénoncer la politique urbanistique de la majorité sortante, critiquant l'absence de services publics et les travaux permanents.

La réaction indignée du maire sortant

Michel Poignonec, maire de Villenave-d'Ornon et candidat à sa réélection, n'a pas tardé à répondre avec fermeté. Sur sa page Facebook, il a qualifié ces propos de « profonde insulte à Villenave-d'Ornon », ajoutant : « Je considère que quand on déteste tant un territoire, il faut surtout arrêter d'y être élu ». Il a également exprimé son choc face à l'utilisation de l'Ukraine comme exemple de laideur, soulignant le caractère « magnifique, vert, agricole et courageux » de ce pays en guerre.

Le maire a poursuivi en pointant du doigt l'origine de ces critiques, mentionnant que Jacques Reynaud représente « le département le plus ruiné de France et d'une des villes les plus mal entretenues et insécures de l'agglomération », ce qui rend selon lui la situation « encore plus incroyable ».

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La défense de Jacques Reynaud

Contacté le vendredi 6 mars, Jacques Reynaud a assumé ses propos tout en reconnaissant leur forme excessive. Il a précisé que ses déclarations n'engageaient que lui-même et non Stéphanie Anfray, dont il sait qu'elle est « embêtée » par cette affaire. « Je ne retire pas mes propos. Le cœur du problème, c'est le Bocage, pas l'Ukraine », a-t-il insisté, expliquant qu'il critiquait le projet urbanistique et non les habitants.

Médecin généraliste à Bègles, il affirme avoir relayé les doléances de riverains du Bocage, dont certains sont ses patients, décrivant un quartier « complètement isolé ». Tout en concédant que l'expression « fin fond de l'Ukraine » était « peut-être un peu outrancière », il maintient sa critique sur le fond et regrette que Michel Poignonec ne réponde pas à celle-ci, préférant selon lui la polémique.

Contexte électoral et implications

Cette controverse intervient en pleine campagne pour les élections municipales, où Michel Poignonec brigue un nouveau mandat. Jacques Reynaud, quant à lui, ne se représente pas sur la liste du maire écologiste de Bègles, Clément Rossignol Puech. L'incident met en lumière les tensions autour des questions d'urbanisme et de développement local, ainsi que la sensibilité accrue liée aux références au conflit ukrainien dans le débat public.

Les réactions illustrent les clivages politiques et les défis de la communication en période électorale, où chaque mot peut être scruté et interprété. La polémique soulève également des questions sur le respect dû aux populations touchées par la guerre et l'utilisation appropriée de telles comparaisons dans les discours politiques.

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