Le parc Jacques-Chirac à Nîmes : un jardin extraordinaire en devenir
Sur les anciennes pépinières Pichon, derrière la gare de Nîmes, un poumon vert exceptionnel est en train de naître. Le futur parc Jacques-Chirac, dont l'ouverture est prévue pour septembre 2027, s'étendra sur 10 hectares et plus de 1,5 kilomètre de long, jusqu'au bois des Noyers de l'autre côté du boulevard Allende. Ce projet, évoqué dès 2004, commence enfin à prendre forme concrètement.
Un patrimoine botanique préservé et enrichi
"On est ici sur une friche horticole qui a 150 ans, c'est la nature en ville et c'est très rare", souligne Philippe Deliau, le paysagiste de l'agence Alep en charge de l'aménagement. Le site conserve des éléments végétaux historiques remarquables : un alignement de platanes centenaires, une peupleraie, un cèdre du Liban vieux de 150 ans, ainsi que des cyprès et une bambouseraie.
Si 178 arbres ont dû être abattus - des sujets morts, dangereux ou trop densément plantés selon le paysagiste - le projet prévoit la plantation de 1 650 nouveaux arbres et de 14 000 arbustes. "24 espèces d'oiseaux nichent déjà ici", se réjouit le maire Jean-Paul Fournier, soulignant l'équilibre entre accueil du public et préservation de la biodiversité.
Des aménagements pensés pour tous
Le parc sera structuré autour d'une via principale de 1,2 kilomètre depuis l'entrée boulevard Natoire. À cet endroit, le grand mas historique sera conservé et transformé en café ou restaurant, un appel à projets étant actuellement en cours. La structure métallique des anciennes serres a également été préservée et sera recouverte de ganivelles, abritant des salons de jardin et des plantes en pot.
Plus loin, l'ancienne station de pompage, rebaptisée "la vigie", deviendra un point de rencontre central avec des jeux pour enfants, un mur d'escalade, des toilettes et un toit-terrasse offrant une vue panoramique sur l'ensemble du parc.
Une connexion innovante au-delà du périphérique
Un des défis majeurs du projet était de franchir le boulevard Allende (périphérique) qui traverse le site. La solution retenue est un passage piétonnier sécurisé d'une vingtaine de mètres, éclairé jour et nuit, habillé d'une pergola végétale et fermé la nuit pour des raisons de sécurité. Ce passage servira également à la faune locale (hérissons, grenouilles...).
Les travaux préparatoires ont débuté en novembre dernier, avec des travaux de nuit pour dévier la circulation. À partir de mai et jusqu'en novembre, le boulevard Allende sera rehaussé d'environ 80 centimètres sur 400 mètres pour créer une pente douce imperceptible pour les véhicules.
Trois kilomètres de cheminements doux
"Avec 3 kilomètres de cheminements doux, on souhaite que ce parc soit un lieu apaisé et partagé ouvert à toutes les générations", explique Chantal May, adjointe déléguée aux espaces verts et à l'environnement. Le parc proposera une progression graduelle depuis une nature plus urbaine à l'entrée vers des zones plus sauvages en avançant vers le bois des Noyers.
Au cœur du parc, une grande clairière servira de prairie inondable en cas de fortes pluies, intégrant ainsi la gestion des eaux pluviales dans le design paysager. Des accès secondaires seront aménagés rue Quatreffages et du côté de l'école Marguerite-Long.
Ce projet ambitieux, qui prolonge la diagonale verte existante depuis le bois des Espeisses en passant par les jardins de la Fontaine et les allées Feuchères, promet de devenir un lieu unique de respiration urbaine pour les Nîmois et les visiteurs. Le parc Jacques-Chirac incarne une vision moderne de l'aménagement urbain où patrimoine historique, biodiversité et qualité de vie se conjuguent harmonieusement.



