Menton : une digue sous-marine sauvegarde les plages des Sablettes
À Menton, les plages privées des Sablettes sont désormais sécurisées grâce à l'achèvement d'une digue sous-marine. Cette infrastructure, construite dans l'anse privée, permet de protéger le littoral du phénomène de submersion marine et de restaurer une surface de plage considérable. Les travaux, terminés plus tôt que prévu, bénéficient d'une météo favorable, permettant la reprise des activités balnéaires dès la mi-avril.
Une inauguration sous la pluie pour une plage transformée
Lundi après-midi, une visite de chantier, semblable à une inauguration, a été conduite par Charles Ange Ginésy, président du Conseil départemental des Alpes-Maritimes et du Smiage maralpin, et Alexandra Masson, maire de Menton. Malgré la pluie, les élus ont célébré cette réalisation, qualifiant la plage de « magnifique, incroyablement restructurée, avec ce merveilleux sable digne des Caraïbes ! ». Alexandra Masson a souligné le rôle crucial du Conseil départemental dans les projets structurants des collectivités.
Charles Ange Ginésy a ajouté : « Il reste beaucoup à faire, mais le plus important, c'était la construction de la digue anti-houle qui va permettre la réouverture à l'année des plages à Menton. Nous sommes la seule station balnéaire des Alpes-Maritimes à ne pas avoir de plages l'hiver, où le soleil est magnifique sur la Côte d'Azur ! C'est une nouvelle importante pour les commerçants de la ville, pour nos villages et pour les visiteurs. »
Réconcilier écologie et économie
Le président du Département a exprimé sa satisfaction quant à la solidité de l'ouvrage, qui permettra aux restaurateurs de ne plus démonter leurs structures en hiver. Il a plaidé pour « la préservation des eaux de la Méditerranée », en tenant compte des défis comme la montée des eaux et l'érosion. « Ce chantier des Sablettes, c'est l'histoire d'un territoire qui refuse de subir, qui regarde la réalité en face et qui agit », a-t-il déclaré, insistant sur la volonté de « réconcilier l'exigence écologique et l'économie ».
Il a poursuivi : « Nous avons à cœur de défendre le monde marin, de protéger et de multiplier la biodiversité, car elle fait partie de notre richesse touristique. On ne peut pas dans notre département continuer à vivre du tourisme sans nous soucier de notre environnement. Sa beauté est unique, et si nous ne protégeons pas nos plages, comme nos montagnes, c'est tout un pan de notre économie qui s'effondre. »
Détails techniques et environnementaux
La première phase des travaux, réalisée par l'entreprise EMGC, a inclus la création d'une digue immergée de 57 mètres de longueur, 27 mètres de largeur et 2,50 mètres de hauteur, avec un tirant d'eau de 1,20 mètre. Sylvain Michelet, directeur général des services techniques de la Carf, a précisé que 3.500 m³ de matériaux provenant de carrières ont été nécessaires. La plage a été rechargée en sable, doublant sa largeur de 9 à 18 mètres.
Le suivi technique a été assuré par le Service GEMAPi en collaboration avec le Smiage, tandis que le chargé de mission Natura 2000 mer a supervisé l'aspect environnemental, incluant le suivi de la turbidité et des espèces protégées. Les élus ont rendu hommage aux équipes du Smiage, dirigé par Cyril Marro, pour leur expertise accrue depuis la tempête Alex.
Deuxième phase prévue après l'été
Une deuxième phase de travaux est programmée après la période estivale, visant à compenser l'impact environnemental conformément à la loi climat et résilience d'août 2021. Cette phase inclura la désartificialisation de 1.425 m², avec le raccourcissement du ponton de l'école de voile et le retrait de trois épis sur la plage Hawaï. La fin des travaux est annoncée pour avril 2027.
D'ici la fin du mois, le chantier sera entièrement replié et le stade Rondelli remis en état, avec un espace de stockage temporaire pour les blocs de pierres destinés à la phase suivante en octobre.



