Frontignan piétonnise son centre-ville : entre qualité de vie et inquiétudes des commerçants
Frontignan : piétonnisation du centre-ville, commerçants inquiets

Frontignan transforme son cœur de ville en zone piétonne : un pari entre cadre de vie et économie locale

Depuis mi-avril, l'îlot Saint-Paul, au cœur de Frontignan, est officiellement dédié aux piétons et aux mobilités douces. Cette piétonnisation, actée par un arrêté municipal en février dernier, fait suite à près de trois ans de travaux et à un test concluant de bornes escamotables terminé fin mars. La Ville justifie cette transformation par une double ambition : améliorer la qualité de vie des habitants et dynamiser un centre-ville qui abrite plus de 70 commerces et services, ainsi que les halles municipales et le marché traditionnel.

Les changements concrets de la piétonnisation

Les voitures sont désormais interdites dans l'îlot, à l'exception des véhicules des services publics, des riverains, des commerçants et avec autorisation spécifique pour les artisans. Des badges seront distribués aux ayants droit, tandis que les autres pourront actionner les bornes via une application smartphone. La vitesse est limitée à 20 km/h dans les zones de rencontre, et la rue Porte de Montpellier passe en sens unique. Cyclistes et trottinettes doivent se limiter à 6 km/h. Toute la zone est placée sous vidéoprotection supervisée par la police municipale.

Les habitants saluent un espace apaisé et sécurisé

Du côté des usagers, l'accueil est globalement positif. Marlène Kangni-Agbo, rencontrée à l'entrée de la rue Porte de Montpellier, se réjouit : "C'est plus agréable pour se promener avec mon fils depuis que les voitures ne peuvent plus circuler en cœur de ville. Pour moi, c'est super." Roger Gaillard, sur son vélo rue Saint-Paul, ajoute : "La piétonnisation permet d'avoir moins de bruit, moins de voitures. C'est bien plus agréable d'avoir un espace apaisé et plus sécurisé."

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Les commerçants dénoncent une chute alarmante de leur activité

En revanche, les commerçants vivent mal cette transformation. Sylvie Delpierre, gérante de "Paradis du cadeau" rue Saint-Paul, constate une chute de chiffre d'affaires de 20 à 30 % : "Plus personne ne passe. Hormis les jours de marché, le jeudi et le samedi, où on voit un peu de monde, les autres jours de la semaine, c'est le désert." Le gérant de la laverie automatique rue Porte de Montpellier, M. Marouane, rapporte une baisse de 35 à 45 % depuis la fermeture de l'accès aux véhicules. Excédé par la suppression de places de stationnement promises devant son établissement, il a engagé des poursuites devant le tribunal administratif.

Un équilibre à trouver entre cadre de vie et vitalité économique

Entre un cadre de vie embelli et une activité économique fragilisée, la municipalité devra trouver des leviers pour éviter que la zone piétonne ne se transforme en désert commercial. Cette situation soulève des questions sur l'impact des politiques de mobilité douce sur les petits commerces, un défi que de nombreuses villes françaises doivent relever.

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