Matthias Leothaud poursuit son ascension dans le peloton junior, avec déjà deux podiums cette saison. Le coureur de Montpellier Métropole Cyclisme confirme sa progression et celle de son club, dont le projet est résolument tourné vers le monde professionnel.
Deux podiums en U19
Deuxième de la Marmande Val de Garonne Classic mi-mars (course nationale), Matthias Leothaud a récidivé le 11 avril sur une course UCI, le “Trophée du 15 avril” en Espagne, près de Tarragone. Son équipe Montpellier Métropole Cyclisme s’était d’abord montrée avec l’échappée belle de l’Australien Gus Challis, avant que Leothaud ne sorte à la poursuite de l’homme de tête pour signer son deuxième podium. Un scénario qu’il avait déjà initié sur la Bernaudeau Junior début mars (première course UCI de la saison), d’abord animée par son coéquipier Nolan De Reuter, mais il avait été repris par le peloton à deux kilomètres de l’arrivée (29e).
Un travail d’équipe qui porte ses fruits
Ce travail d’équipe, d’équipiers et du staff marque la progression du club montpelliérain et de son projet. “En termes d’équipes juniors sur les 17-18 ans, on n’est pas loin de ce qui se fait de mieux en France”, avance le président de Montpellier Métropole Cyclisme, Jason Kaufmann. “On va essayer de se maintenir et de trouver des coureurs susceptibles de gagner de belles courses internationales. On veut augmenter ensuite notre équipe senior pour aller le plus haut possible et peut-être jusqu’au monde professionnel. Aujourd’hui, on n’est pas prêt à conserver nos meilleurs coureurs juniors, mais c’est le projet à terme : les former et les garder.”
Des juniors de plus en plus tôt chez les pros
“Auparavant, il y avait un passage dans le monde amateur pour les juniors qui durait quelques années et qui permettait de s’aguerrir, de se renforcer physiquement et mentalement”, poursuit Jason Kaufmann. “Maintenant, les équipes professionnelles ont fait le choix d’aller recruter de plus en plus tôt, et quand on voit un Seixas ou d’autres qui performent à 19-20 ans, c’est plutôt pertinent.” Des groupes pros qui, comme au football, ont des équipes réserves (centres de formations), “professionnelles également et qui accompagnent jusqu’au plus haut niveau.”
“Mon objectif est de voir jusqu’où mon corps peut aller”
La suite logique pour Matthias Leothaud, classé 16e junior français, est de grandir ailleurs, dans une Continentale (équipe réserve) puis, d’ici 4-5 ans, une équipe World Tour. C’est devenu un objectif pour le lycéen en terminale, qui se désigne comme rouleur-grimpeur. “J’aime partir de loin.” Un bosseur aussi, qui se souvient de ses premières courses en 6e. “Ma première année de vélo, il y a six ans (au Crès), je faisais avant-dernier à chaque fois. J’avais suivi deux amis au club. Ce sont les premiers moments où on est un peu libre, on part rouler un peu quand on veut, où on veut ! Et j’aimais aller aux entraînements. Puis avec mon entraîneur François Brechon (qui est toujours à ses côtés), j’ai progressé, on se voit progresser. Pour performer, il faut avoir un minimum de talent, mais c’est surtout la constance de l’entraînement, la nutrition et la bonne hygiène de vie qui font qu’au fil des années, je progresse. Il y a trois ans, j’avais un bon niveau régional, l’an dernier, je commençais à pouvoir jouer quelques résultats sur les courses nationales, et là, je peux avoir mon épingle du jeu à tirer.”
Chez les professionnels, il y pense. Surtout, “mon objectif quand je vais m’entraîner est de pouvoir voir jusqu’où mon corps peut aller. D’aller jusqu’à mes limites, et si elles me permettent d’être professionnel, oui… Si non, j’aurai tout donné !”
Jason Kaufmann n’a pas de doute sur ses capacités : “Son physique bien sûr, mais son mental, son sang-froid, sa détermination…” La tête et les jambes.



