Justine, infirmière de l'Hérault, court 1500 km de Drancy à Auschwitz pour la mémoire
Infirmière court 1500 km Drancy-Auschwitz pour mémoire

Une course contre l'oubli : le défi mémoriel d'une infirmière héraultaise

Justine Decourselle, une infirmière de 26 ans originaire de Tourcoing et installée dans l'Hérault, s'apprête à réaliser un exploit hors norme. Elle va courir 1500 kilomètres en 33 jours, reliant Drancy, ancien camp de transit pendant la Seconde Guerre mondiale, au camp de concentration d'Auschwitz. Ce périple sportif et symbolique suit précisément la trace du convoi 71, qui a déporté 1500 personnes vers les camps de la mort en avril 1944.

Un projet né d'une double préoccupation

Justine explique sa motivation : "Je voulais réaliser un défi sportif qui ait un sens." Infirmière en Ehpad, elle est régulièrement confrontée aux récits des personnes âgées sur la guerre. Parallèlement, elle s'inquiète de la montée de l'antisémitisme. C'est ainsi qu'est née l'idée de cette course pour la mémoire, la tolérance et l'histoire, afin que les horreurs du passé ne se répètent jamais.

Le convoi 71, parti de Drancy le 13 avril 1944, comptait parmi ses déportés des figures comme Simone Veil et Ginette Kolinka, ainsi que 34 des 44 enfants d'Izieu, qui ne revinrent jamais. Justine a rencontré Ginette Kolinka, âgée de 101 ans, qui l'a vivement encouragée dans son projet. Une intervention commune est prévue devant des collégiens à Drancy.

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Un parcours jalonné de symboles et de rencontres

Le départ symbolique aura lieu le 13 avril sur l'esplanade Charles de Gaulle à Drancy. Justine sera accompagnée de son compagnon, Jérémy Elie, qui la suivra en van pour gérer l'intendance et documenter le voyage sur les réseaux sociaux. Le parcours inclut des étapes marquantes :

  • Une halte à la gare de Bobigny, point de départ des convois.
  • Une arrivée à Meaux où l'attend Jean Lafaurie, un ancien déporté de 102 ans.
  • Des courses avec des élus à Revigny-sur-Ornain.
  • Une réception au consulat de France à Francfort.
  • Une rencontre avec des Saint-Cyriens à Dresde.

Pour renforcer le fil mémoriel, Justine déposera des galets confiés par des écoliers tous les dix kilomètres, chacun photographié dans son contexte.

Préparation et soutiens multiples

Justine, coureuse expérimentée en cross-country et longues distances, a participé aux 100 km de Millau et marché douze jours sur le chemin de Compostelle. Elle souligne l'importance du mental : "C'est vraiment le mental qui va compter, si on a le mental, les jambes suivent !" Sa résilience est nourrie par les témoignages des survivants.

Son projet bénéficie du soutien de plusieurs institutions mémorielles : le Mémorial de la Shoah, le Souvenir français, la Fondation pour la Mémoire de la déportation, et le Ministère délégué chargé de la Mémoire. La ville de Pérols et son club de Carnon l'appuient également. Notons aussi le parrainage d'EndoFrance, association de lutte contre l'endométriose, dont Justine est atteinte.

Un avenir tourné vers la médecine

À l'issue de cette course, Justine, dont l'Ehpad n'a pas accordé de congé, préfère démissionner pour entamer des études de médecine. Ce défi marque ainsi un tournant dans sa vie, alliant engagement citoyen et projet professionnel.

À travers ses 1500 kilomètres, Justine Decourselle porte un message fort : courir pour que l'histoire ne s'efface pas, et pour promouvoir la paix et la tolérance dans un monde où les préjugés resurgissent.

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